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Surplus racheté à 1,1 c€/kWh : quelles conséquences ?

Publié le 27 septembre 2026 · 8 min de lecture

Depuis l’arrêté tarifaire du 1er juin 2026, le surplus injecté sur le réseau est racheté environ 1,1 c€/kWh pour les nouvelles demandes de raccordement, et la prime à l’autoconsommation a été supprimée. Concrètement, la revente ne finance plus l’installation : ce qui compte désormais, c’est la part d’électricité que vous consommez vous-même. Voici ce que cela change, chiffres à l’appui, pour dimensionner et négocier votre projet.

Ce que prévoit l’arrêté du 1er juin 2026

Le nouveau cadre s’applique aux demandes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026. Deux évolutions principales :

Les projets dont la demande de raccordement a été déposée avant le 5 juin 2026 conservent les anciennes conditions. La date de dépôt du dossier de raccordement fait donc foi : c’est le point à vérifier en priorité si vous avez signé un devis récemment.

Le reste du cadre réglementaire est inchangé : installateur qualifié RGE QualiPV pour bénéficier de l’obligation d’achat, garantie décennale, déclaration préalable de travaux en mairie, avis de l’Architecte des Bâtiments de France en secteur protégé, raccordement Enedis dans la plupart des communes, et attestation de conformité Consuel avant mise en service. Vous retrouverez le détail de ces étapes sur notre page installation photovoltaïque.

Et la TVA réduite ?

Depuis le 1er octobre 2025, une TVA à 5,5 % est possible sur les installations jusqu’à 9 kWc posées sur un bâtiment d’habitation, mais à deux conditions cumulatives : les panneaux doivent respecter des critères bas carbone stricts (bilan carbone, teneurs en argent, plomb et cadmium) et l’installation doit comporter un système de gestion de l’énergie pilotant automatiquement au moins deux usages. À défaut, la TVA reste à 20 %. La batterie, elle, est à 20 % dans tous les cas. Ce point pèse désormais lourd dans le prix final : demandez à chaque installateur d’écrire noir sur blanc le taux appliqué et la référence des modules. Notez aussi que MaPrimeRénov’ ne finance pas le photovoltaïque ; seules des aides locales peuvent exister selon les collectivités (renseignement auprès de France Rénov’). Nous détaillons ces points sur la page aides aux panneaux solaires.

Combien rapportent réellement 1 000 kWh injectés

Le calcul est sans détour : 1 000 kWh vendus au réseau à 1,1 c€/kWh représentent environ 11 € par an. Les mêmes 1 000 kWh consommés directement chez vous, en remplacement d’électricité achetée autour de 0,20 €/kWh TTC, vous font économiser environ 200 €.

Usage de 1 000 kWh produits Valeur annuelle
Injectés en surplus (≈ 1,1 c€/kWh) ≈ 11 €
Autoconsommés (≈ 0,20 €/kWh TTC évités) ≈ 200 €

Autrement dit, un kWh autoconsommé vaut environ 18 fois un kWh revendu. Toute la logique économique d’un projet bascule vers l’usage sur place.

Un exemple en Île-de-France, où la production s’établit autour de 1 130 kWh/kWc/an en orientation favorable (données PVGIS). Une installation de 6 kWc produit environ 6 780 kWh par an :

Taux d’autoconsommation Économies sur la facture Revente du surplus Gain annuel total
35 % ≈ 475 € ≈ 48 € ≈ 523 €
55 % ≈ 746 € ≈ 34 € ≈ 780 €
75 % ≈ 1 017 € ≈ 19 € ≈ 1 036 €

Ces ordres de grandeur supposent un prix de l’électricité stable, ce qui n’est évidemment pas garanti. Ils montrent surtout que gagner 20 points d’autoconsommation rapporte bien davantage que n’importe quelle optimisation de la revente. Avec des prix posés TTC constatés de 11 000 à 16 000 € pour 6 kWc, la durée d’amortissement s’allonge par rapport aux années précédentes : elle dépendra très directement du devis obtenu et de votre profil de consommation.

Faut-il encore signer un contrat de vente ?

Dans la grande majorité des cas, oui — non pas pour le revenu, qui devient marginal, mais parce que l’alternative consiste à injecter gratuitement votre surplus sur le réseau. Quelques dizaines d’euros par an restent quelques dizaines d’euros, sur un contrat de 20 ans indexé.

Deux nuances méritent d’être posées :

À retenir également : la vente du surplus bénéficie d’une exonération d’impôt sur le revenu pour les installations d’une puissance inférieure ou égale à 3 kWc, sous conditions. Au-delà, les sommes perçues sont à déclarer — ce qui, aux niveaux de tarif actuels, reste très faible.

Enfin, méfiez-vous du démarchage qui promet une « installation gratuite » ou « autofinancée par la revente » : avec un surplus à 1,1 c€/kWh, cet argumentaire ne tient plus. Rappelez-vous que tout contrat signé hors établissement ouvre un délai de rétractation de 14 jours.

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Les contrats antérieurs sont-ils maintenus ?

Oui. Un contrat d’obligation d’achat déjà signé n’est pas remis en cause par le nouvel arrêté. Les contrats EDF OA sont conclus pour 20 ans, avec une indexation, et le tarif applicable est celui en vigueur au moment de la demande de raccordement.

Deux situations à distinguer :

Attention en revanche si vous envisagez d’agrandir une installation existante : une extension donne généralement lieu à une nouvelle demande de raccordement, donc aux conditions en vigueur au moment de celle-ci. À vérifier au cas par cas avant de vous engager.

Repenser son dimensionnement en conséquence

Avant 2026, surdimensionner légèrement pouvait se défendre : le surplus était racheté à un tarif significatif et la prime dépendait de la puissance. Ces deux leviers ayant disparu, la règle devient simple : dimensionnez sur votre consommation diurne, pas sur la surface de votre toiture.

La méthode en trois étapes

  1. Mesurez votre « talon » de journée. Relevez votre consommation annuelle sur vos factures, puis estimez la part consommée entre 9 h et 17 h : réfrigération, veilles, box, télétravail, appareils programmables.
  2. Regardez votre productible local. Il varie fortement : de l’ordre de 1 040 kWh/kWc/an dans la Meuse à environ 1 590 kWh/kWc/an dans les Bouches-du-Rhône, autour de 1 130 en Île-de-France, en orientation optimale. Notre page production par département vous donne le repère correspondant à votre commune, avec des pages dédiées comme les Bouches-du-Rhône, la Gironde ou le Nord.
  3. Croisez les deux. Un foyer absent la journée, sans pilotage des usages, atteindra difficilement un taux d’autoconsommation élevé sur 9 kWc. Une puissance plus modeste, mieux consommée, sera souvent plus pertinente.

Pour situer les ordres de grandeur, les prix posés TTC constatés sont de 6 500 à 10 000 € en 3 kWc, 11 000 à 16 000 € en 6 kWc et 14 000 à 21 000 € en 9 kWc. Le coût au kWc baisse avec la puissance, mais un kWc mal consommé ne rapporte plus que 1,1 c€/kWh : l’arbitrage n’est donc plus mécanique. Les principes de base sont détaillés sur notre page autoconsommation.

Valoriser autrement son surplus

Puisque revendre ne rapporte presque plus rien, l’enjeu devient de déplacer vos consommations vers les heures de production. Plusieurs leviers, du moins coûteux au plus engageant :

Le pilotage des usages

C’est le levier au meilleur rapport gain/investissement, et il est désormais indissociable de la TVA à 5,5 %, qui exige justement un système de gestion pilotant automatiquement au moins deux usages. En pratique : déclenchement du ballon d’eau chaude sanitaire en milieu de journée plutôt qu’en heures creuses nocturnes, programmation du lave-linge et du lave-vaisselle, pilotage d’un sèche-serviettes ou d’une pompe de piscine. Un chauffe-eau représente souvent 20 à 35 % de la consommation électrique d’un foyer : le basculer sur la production solaire fait bouger le taux d’autoconsommation de plusieurs points.

Le véhicule électrique

Si vous disposez d’un véhicule électrique et que la voiture est au domicile en journée (télétravail, week-end), la recharge pilotée sur le surplus est l’usage le plus efficace qui soit : elle absorbe beaucoup d’énergie, précisément aux heures où vous en produisez.

La batterie : à examiner, sans automatisme

Une batterie permet de reporter le surplus vers le soir. Elle coûte entre 4 000 et 9 000 € selon la capacité et reste soumise à une TVA de 20 %. Sa rentabilité dépend de votre profil : elle se discute surtout pour un foyer dont la consommation est concentrée en soirée et dont le taux d’autoconsommation sans stockage resterait faible. Il faut aussi tenir compte de la durée de vie annoncée et d’un éventuel remplacement. Demandez systématiquement un chiffrage séparé pour comparer avec et sans, comme nous l’expliquons sur la page batteries solaires.

Soigner le matériel et la pose

À production équivalente, la qualité des panneaux et le choix de l’onduleur (string ou micro-onduleurs) conditionnent le rendement réel, la tolérance aux ombrages et la finesse du suivi de production. Dans un contexte où chaque kWh autoconsommé compte, ces détails ne sont plus secondaires.

La bonne démarche pour comparer

Demandez au moins trois devis d’installateurs RGE QualiPV, en leur fournissant la même base : consommation annuelle, profil d’occupation du logement, orientation et inclinaison du toit. Exigez le détail du taux de TVA appliqué et de sa justification, le productible estimé, le taux d’autoconsommation retenu, et refusez toute signature immédiate. Notre formulaire gratuit vous met en relation avec jusqu’à trois installateurs RGE de votre département.

Questions fréquentes

Le tarif de 1,1 c€/kWh s’applique-t-il à mon contrat en cours ?

Non. Les contrats déjà conclus conservent leurs conditions : le tarif d’achat est celui en vigueur à la date de la demande de raccordement, pour une durée de 20 ans avec indexation. Seules les demandes déposées à partir du 5 juin 2026 relèvent du nouveau tarif.

Le photovoltaïque reste-t-il intéressant sans prime à l’autoconsommation ?

Cela dépend de votre profil de consommation et du prix du devis. L’économie provient désormais presque entièrement des kWh autoconsommés, valorisés autour de 0,20 €/kWh : un foyer présent en journée ou capable de piloter ses usages conserve un intérêt réel, un foyer absent avec un projet cher beaucoup moins.

Puis-je bénéficier de la TVA à 5,5 % sur mon installation ?

Uniquement pour une installation jusqu’à 9 kWc sur un bâtiment d’habitation, si les panneaux respectent les critères bas carbone (bilan carbone, teneurs en argent, plomb, cadmium) et si un système de gestion de l’énergie pilote automatiquement au moins deux usages. Sinon, le taux reste de 20 %, et la batterie est toujours à 20 %.

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