La bonne puissance est celle dont la production annuelle reste proche de ce que vous consommez réellement en journée, et non celle qui remplit le toit. Pour un foyer standard, cela donne souvent entre 3 et 6 kWc. Au-delà, il faut une consommation importante en journée pour que l’investissement ait du sens.
Depuis juin 2026, le surplus est racheté environ 1,1 c€/kWh pour les nouveaux dossiers. Surdimensionner n’est donc plus récompensé : ce qui compte, c’est le kWh que vous consommez vous-même.
Partir de sa consommation annuelle et de sa courbe
Le dimensionnement commence par vos données, pas par un devis. Voici une méthode simple, à faire en une soirée :
- Relevez votre consommation annuelle en kWh sur vos factures ou dans l’espace client de votre fournisseur ou d’Enedis (si vous avez un compteur Linky).
- Estimez la part consommée en journée, grosso modo entre 9 h et 18 h. Pour une famille absente en semaine, elle est faible. Pour un foyer en télétravail ou avec un retraité à domicile, elle est nettement plus haute.
- Repérez votre talon de consommation : réfrigérateur, box, veilles, VMC. Ces appareils tournent en continu et absorbent une partie de la production, même quand personne n’est là.
- Listez les usages déplaçables vers le milieu de journée : chauffe-eau, lave-linge, lave-vaisselle, recharge d’un véhicule électrique, éventuellement pompe à chaleur.
Pensez aussi aux saisons. Une installation produit beaucoup plus en juillet qu’en décembre, alors qu’un logement chauffé à l’électricité consomme surtout l’hiver. Une partie de votre consommation sera donc toujours hors de portée du solaire.
Passer des kWh aux kWc
Une fois la production annuelle visée choisie, divisez-la par le productible de votre région. Il s’exprime en kWh par kWc et par an, pour une orientation optimale (données PVGIS). Pour viser 3 500 kWh par an :
- Meuse (≈ 1 040 kWh/kWc) : environ 3,4 kWc ;
- Île-de-France (≈ 1 130 kWh/kWc) : environ 3,1 kWc ;
- Bouches-du-Rhône (≈ 1 590 kWh/kWc) : environ 2,2 kWc.
Le même objectif demande donc une puissance différente selon le département. Retrouvez les ordres de grandeur locaux sur notre page production solaire par département. Une toiture mal orientée ou ombragée produit moins que ces valeurs : l’installateur doit chiffrer votre cas précis.
Les règles de dimensionnement adaptées à 2026
Avec un surplus à environ 1,1 c€/kWh et une prime à l’autoconsommation supprimée pour les demandes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026, la logique a changé. Les projets déposés avant cette date conservent les anciennes conditions. Pour un nouveau dossier, voici les repères de travail à retenir (ce ne sont pas des normes) :
- Visez une production annuelle proche de votre consommation, rarement au-dessus. Si vous êtes souvent absent en journée, restez nettement en dessous.
- Raisonnez en valeur. Un kWh autoconsommé évite un kWh du réseau, à environ 0,20 € TTC. Un kWh revendu rapporte environ 0,011 €. Le premier vaut donc à peu près 18 fois le second.
- Regardez le coût de chaque kWc supplémentaire. D’après les prix constatés (posé, TTC), passer de 3 à 6 kWc ajoute environ 4 500 à 6 000 €. Passer de 6 à 9 kWc ajoute environ 3 000 à 5 000 €. Ces kWc en plus ne rapportent que si vous consommez leur production.
- Tenez compte des seuils, sans les laisser décider seuls. La vente du surplus est exonérée d’impôt sur le revenu jusqu’à 3 kWc, sous conditions. La TVA à 5,5 % s’applique jusqu’à 9 kWc sur un bâtiment d’habitation. Elle exige des panneaux respectant des critères bas carbone stricts (bilan carbone, teneurs en argent, plomb, cadmium) et un système de gestion de l’énergie qui pilote automatiquement au moins deux usages. Sinon, c’est 20 %.
Côté démarches, vérifiez que l’installateur est qualifié RGE QualiPV (nécessaire pour l’obligation d’achat) et qu’il fournit sa garantie décennale. Il prend en charge la déclaration préalable de travaux, l’avis de l’ABF en secteur protégé, le raccordement Enedis dans la plupart des communes et le Consuel. MaPrimeRénov’ ne finance pas le photovoltaïque, mais des aides locales existent selon les collectivités : voir notre page sur les aides aux panneaux solaires.
Pourquoi viser 100 % est illusoire
Deux notions sont souvent confondues :
- le taux d’autoconsommation : la part de ce que vos panneaux produisent que vous consommez vous-même ;
- le taux de couverture (ou d’autonomie) : la part de votre consommation couverte par vos panneaux.
Les deux ne peuvent pas atteindre 100 % ensemble, sans batterie, avec un raccordement classique. La nuit, la production est nulle. En hiver, elle est bien plus faible qu’en été. À midi en été, elle dépasse souvent ce que le foyer consomme.
Plus l’installation est grande, plus le taux d’autoconsommation baisse : le surplus augmente plus vite que la consommation. Si vous voulez couvrir toute votre consommation annuelle, vous aurez beaucoup de surplus l’été et du réseau l’hiver. Ce surplus est payé environ 1,1 c€/kWh. Il reste utile pour amortir un peu l’installation, mais ne la rentabilise pas.
L’objectif réaliste est un bon équilibre : une puissance qui laisse un surplus modéré. Votre courbe de consommation, plus que la surface de toit, fixe ce point.
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Le cas des foyers absents toute la journée
Si personne n’est là entre 9 h et 18 h, votre taux d’autoconsommation sera faible, car seul le talon de consommation absorbe la production. Trois leviers existent, à étudier avant de fixer la puissance :
- Programmer les gros usages à midi : chauffe-eau, lave-linge et lave-vaisselle peuvent démarrer seuls, même en votre absence.
- Piloter automatiquement au moins deux usages avec un système de gestion de l’énergie. C’est aussi l’une des conditions de la TVA à 5,5 %, à vérifier sur le devis.
- Réduire la puissance : une installation de 2 à 3 kWc suffit souvent à couvrir le talon et un ou deux usages déplacés. L’orientation est-ouest, qui étale la production sur la journée, est parfois proposée. Demandez une simulation chiffrée.
Dans ce cas, la solution la plus économique n’est pas toujours d’installer des panneaux. Un devis honnête peut aboutir à une puissance modeste, voire à un conseil de report. Pour comprendre les mécanismes, consultez notre guide sur l’autoconsommation solaire.
Effet d’une batterie ou d’une voiture électrique
La batterie : utile, mais coûteuse
Une batterie stocke le surplus de la journée pour le restituer le soir. Elle coûte de 4 000 à 9 000 € selon sa capacité, avec une TVA qui reste à 20 %. Son apport est limité par sa taille : une batterie de 5 kWh utiles ne déplace, au mieux, que 5 kWh par jour. Cela représente moins de 1 825 kWh par an, même si elle est cyclée chaque jour de l’année. À environ 0,20 € le kWh, le gain maximal théorique reste de l’ordre de 365 € par an, avant pertes de rendement. Avec un tel coût, la rentabilité est loin d’être évidente. Elle se calcule au cas par cas : voir notre page sur les batteries solaires.
La voiture électrique : un très gros consommateur, si elle est là
Un véhicule électrique consomme de l’ordre de 15 à 20 kWh pour 100 km. Pour 10 000 km par an, cela fait 1 500 à 2 000 kWh. C’est une consommation importante, mais elle ne profite au solaire que si la voiture est branchée en journée. Si elle reste au travail du matin au soir, l’essentiel de la recharge se fera la nuit. Si vous télétravaillez ou si la voiture est au domicile en journée, une recharge pilotée justifie une puissance plus élevée. Dans les deux cas, le véhicule ne doit pas servir à lui seul de justification : dites à l’installateur où et quand il charge.
Exemples concrets en 3, 6 et 9 kWc
Trois foyers fictifs, pour illustrer la méthode. Les consommations et les taux d’autoconsommation sont des hypothèses que seule une simulation sur votre courbe peut confirmer. La production retenue est celle de l’Île-de-France (≈ 1 130 kWh/kWc, orientation optimale). Le surplus est valorisé à 0,011 €/kWh et l’électricité évitée à 0,20 €/kWh.
| 3 kWc | 6 kWc | 9 kWc | |
|---|---|---|---|
| Prix posé TTC constaté | 6 500 à 10 000 € | 11 000 à 16 000 € | 14 000 à 21 000 € |
| Production annuelle | ≈ 3 390 kWh | ≈ 6 780 kWh | ≈ 10 170 kWh |
| Consommation du foyer (hypothèse) | 4 000 kWh | 7 000 kWh | 12 000 kWh |
| Taux d’autoconsommation (hypothèse) | 55 % | 45 % | 40 % |
| kWh autoconsommés | ≈ 1 865 kWh | ≈ 3 050 kWh | ≈ 4 070 kWh |
| Taux de couverture | ≈ 47 % | ≈ 44 % | ≈ 34 % |
| Économie sur la facture | ≈ 373 €/an | ≈ 610 €/an | ≈ 814 €/an |
| Revente du surplus | ≈ 17 €/an | ≈ 41 €/an | ≈ 67 €/an |
| Gain annuel total | ≈ 390 € | ≈ 650 € | ≈ 880 € |
| Durée simple de retour | ≈ 17 à 26 ans | ≈ 17 à 25 ans | ≈ 16 à 24 ans |
Comment lire ce tableau
- 3 kWc : adapté à un foyer de consommation moyenne, partiellement présent en journée. Le surplus est faible et, jusqu’à 3 kWc, exonéré d’impôt sous conditions.
- 6 kWc : cohérent pour une consommation plus élevée (chauffe-eau électrique, pompe à chaleur) avec une présence ou des usages pilotés en journée.
- 9 kWc : à réserver à une consommation importante et bien répartie sur la journée, par exemple un grand foyer ou un véhicule électrique rechargé à domicile. Le taux de couverture baisse déjà.
Ces durées de retour sont longues. Elles supposent un prix de l’électricité stable, ne comptent ni la maintenance ni un éventuel remplacement de l’onduleur, et ignorent les aides locales. Elles montrent surtout que le prix posé et le taux d’autoconsommation pèsent plus que la puissance : sur 6 kWc, dix points d’autoconsommation en plus ou en moins représentent environ 136 € par an. Vos chiffres réels seront différents ; le devis doit les détailler.
Pour comparer, demandez des offres à plusieurs professionnels, avec un dimensionnement justifié par votre consommation. Via notre formulaire de devis gratuit, vous pouvez être mis en relation avec jusqu’à 3 installateurs RGE de votre département. Un contrat signé hors établissement donne droit à 14 jours de rétractation. Méfiez-vous des offres d’« installation gratuite » ou « autofinancée ».
Questions fréquentes
Vaut-il la peine de revendre le surplus ?
Il n’est pas inutile, mais ce n’est qu’un complément. Pour les demandes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026, il est racheté environ 1,1 c€/kWh dans le cadre d’un contrat EDF OA de 20 ans, indexé. Le revenu est faible par rapport à l’économie réalisée en autoconsommant. Jusqu’à 3 kWc, il est exonéré d’impôt sur le revenu sous conditions. L’installateur précise les démarches dans son devis.
Quelle puissance pour une maison qui consomme 5 000 kWh par an ?
Comme repère, visez une production inférieure ou proche de 5 000 kWh. Cela donne 3 à 4 kWc en Île-de-France (≈ 1 130 kWh/kWc), moins dans le sud. Si vous êtes absent en journée, restez vers le bas de la fourchette. Seule une simulation de l’installateur sur votre courbe de consommation et votre toiture précisera la puissance adaptée.
Une installation « gratuite » ou « autofinancée » existe-t-elle vraiment ?
Soyez très prudent : ce type de démarchage est un signal d’alerte. Une installation a un coût ; une offre « gratuite » le masque en général dans un financement. Prenez le temps de comparer les devis, vérifiez la qualification RGE QualiPV et la garantie décennale, et rappelez-vous que vous disposez de 14 jours pour vous rétracter après un contrat signé hors établissement.