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Visite technique : ce qui doit être vérifié chez vous

Publié le 12 octobre 2026 · 9 min de lecture

Une visite technique sérieuse ne se limite pas à un tour de maison avec un mètre ruban : elle examine la toiture et la charpente, l’ombrage, le tableau électrique, les cheminements de câbles et vos habitudes de consommation. Elle se conclut par un compte-rendu écrit sur lequel s’appuie le devis. Voici, point par point, ce que vous êtes en droit de vérifier chez vous.

Étude de la toiture et de la charpente

C’est le premier contrôle, et le plus structurant. Le technicien doit monter sur le toit, ou à défaut examiner la couverture de près et accéder aux combles. Une simple photo satellite ne suffit pas à valider un chantier.

Ce qui doit être relevé sur la couverture

Ce qui doit être contrôlé sur la charpente

Des panneaux ajoutent une charge permanente sur la toiture et prennent le vent comme une voile. Le professionnel doit donc observer la charpente par les combles : section et espacement des chevrons, état du bois (humidité, insectes, flèche visible) et points de fixation possibles. Si un doute existe, il doit le dire et proposer un avis de charpentier ou de bureau d’études. Un installateur qui affirme « ça passe toujours » sans avoir regardé les combles ne fait pas son travail.

Cette étape sert aussi à cadrer les démarches : la déclaration préalable de travaux en mairie est obligatoire, et en secteur protégé, l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) peut imposer des contraintes sur le choix et l’aspect des panneaux. Le technicien doit vous dire si votre adresse est concernée.

Relevé d’ombrage sur l’année

Un panneau partiellement ombragé produit moins, et sur une même série de panneaux, l’ombre sur un seul module peut pénaliser l’ensemble selon le type d’onduleur. Le relevé d’ombrage ne doit donc pas être fait « à l’œil » un après-midi d’été.

Une méthode sérieuse tient compte de la course du soleil tout au long de l’année, en particulier l’hiver, quand le soleil est bas et que l’ombre des arbres, d’un bâtiment voisin ou d’une cheminée s’allonge. Elle s’appuie en général sur un outil dédié (masque d’horizon, application de relevé ou logiciel de simulation) et sur des photos prises depuis le futur emplacement des panneaux.

Ce relevé doit déboucher sur un chiffre de pertes d’ombrage, intégré au calcul de production. Pour situer l’ordre de grandeur, voici la production théorique d’une installation bien orientée, d’après PVGIS, à partir des valeurs par kWc de trois territoires :

Territoire kWh/kWc/an (orientation optimale) Pour 3 kWc Pour 6 kWc
Meuse ≈ 1 040 ≈ 3 120 kWh ≈ 6 240 kWh
Île-de-France ≈ 1 130 ≈ 3 390 kWh ≈ 6 780 kWh
Bouches-du-Rhône ≈ 1 590 ≈ 4 770 kWh ≈ 9 540 kWh

Ces valeurs sont des maximums théoriques : l’ombrage, une orientation moins favorable ou une inclinaison atypique les font baisser. Si l’estimation qui vous est remise dépasse ces références pour votre région, posez la question. Vous pouvez comparer avec les données de la page production solaire par département.

Tableau électrique, terre et protections

Le côté électrique est celui que les particuliers regardent le moins, alors qu’il conditionne la sécurité et la conformité. Le technicien doit ouvrir votre tableau et regarder :

Les travaux de remise aux normes ne sont pas toujours inclus dans le prix de base. Leur montant dépend de l’état de votre installation et ne peut apparaître que sur le devis : exigez qu’ils soient chiffrés ligne par ligne ou explicitement exclus. Rappelez-vous aussi que l’installation devra obtenir l’attestation du Consuel et faire l’objet d’un raccordement par Enedis (dans la plupart des communes) : un tableau non conforme peut retarder ces étapes.

Pour mieux comprendre ce que recouvre un projet complet, vous pouvez consulter notre page sur l’installation photovoltaïque.

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Cheminements de câbles et emplacement de l’onduleur

Un bon technicien ne se contente pas de dire « l’onduleur ira dans le garage ». Il doit repérer le trajet exact des câbles entre les panneaux, l’onduleur et le tableau, et vous le montrer.

Les câbles

L’onduleur

L’emplacement doit être ventilé, accessible, à l’abri de l’humidité et de l’exposition directe au soleil, et le plus proche possible du tableau électrique. Il faut aussi vérifier la connexion Internet à cet endroit, car le suivi de production en dépend. Le choix entre onduleur central et micro-onduleurs dépend notamment de l’ombrage relevé plus tôt : détails sur la page onduleurs.

Si vous envisagez une batterie, prévoyez dès la visite sa place : elle demande un local adapté et des protections spécifiques. Son coût s’ajoute au projet, dans une fourchette de 4 000 à 9 000 € selon la capacité, et la TVA reste à 20 % sur ce poste. Voir notre page batteries solaires pour juger de l’intérêt.

Analyse de la consommation du foyer

C’est l’étape qui sépare une vraie étude d’un simple devis commercial. Depuis la demande de raccordement déposée à partir du 5 juin 2026, le surplus injecté sur le réseau est racheté environ 1,1 c€/kWh (contrat EDF OA de 20 ans, indexé) et la prime à l’autoconsommation est supprimée. Les projets déposés avant cette date conservent les anciennes conditions.

Concrètement, l’électricité du réseau coûte environ 0,20 €/kWh TTC : un kWh que vous consommez vous-même vaut donc environ 18 fois un kWh revendu. La rentabilité repose donc surtout sur la part de production que vous consommez en direct. Dimensionner l’installation sans connaître vos usages revient à deviner.

Le technicien doit donc vous demander, et utiliser :

À partir de ces éléments, il doit estimer le taux d’autoconsommation et expliquer comment l’augmenter, par exemple en décalant certains usages en journée. Ce raisonnement est détaillé sur notre page autoconsommation.

Le lien avec la TVA à 5,5 %

Depuis le 1er octobre 2025, la TVA à 5,5 % s’applique aux installations jusqu’à 9 kWc sur un bâtiment d’habitation, mais uniquement si deux conditions sont réunies : des panneaux respectant des critères bas carbone stricts (bilan carbone, teneurs en argent, plomb, cadmium) et un système de gestion de l’énergie qui pilote automatiquement au moins deux usages. Sinon, la TVA est de 20 %. Lors de la visite, demandez quels usages seraient pilotés chez vous (chauffe-eau, recharge de véhicule, etc.) et sur quel document l’installateur s’appuie pour attester la conformité des panneaux. Une promesse orale ne suffit pas.

Enfin, MaPrimeRénov’ ne finance pas le photovoltaïque. Des aides locales existent selon les collectivités : le point est à vérifier via France Rénov’ ou sur notre page aides pour panneaux solaires.

Le compte-rendu écrit à exiger

Une visite sans trace écrite ne vous protège pas. Demandez un document, remis avant ou avec le devis, qui reprend les constats faits chez vous. Il doit au minimum contenir :

  1. Vos coordonnées et l’adresse du chantier, la date de la visite et le nom du technicien.
  2. Les constats sur la toiture et la charpente, avec photos : orientation, inclinaison, état, surface utilisable, réserves éventuelles.
  3. Le relevé d’ombrage et le pourcentage de pertes retenu.
  4. Le plan d’implantation des panneaux et la puissance proposée en kWc.
  5. L’état du tableau électrique, de la terre, et les travaux de mise aux normes nécessaires ou exclus.
  6. L’emplacement de l’onduleur (et de la batterie le cas échéant) et le cheminement des câbles.
  7. La production annuelle estimée, avec ses hypothèses et sa source (par exemple PVGIS).
  8. L’analyse de consommation et le taux d’autoconsommation estimé.
  9. Les démarches prises en charge : déclaration préalable, ABF si besoin, demande de raccordement Enedis, Consuel.
  10. Le taux de TVA appliqué (5,5 % ou 20 %) et ce qui le justifie.

Vérifiez aussi les mentions de l’entreprise : qualification RGE QualiPV (nécessaire pour l’obligation d’achat) et garantie décennale en cours de validité, avec attestation. Pour situer les devis, voici les prix posés TTC constatés :

Puissance Prix posé TTC constaté
3 kWc 6 500 – 10 000 €
6 kWc 11 000 – 16 000 €
9 kWc 14 000 – 21 000 €

Ces fourchettes sont indicatives : votre prix dépendra de la toiture, des travaux électriques et du matériel. Un devis très en dessous peut signaler des postes oubliés.

Les signaux d’alerte

Si vous signez un contrat hors établissement (à votre domicile, par exemple), vous disposez de 14 jours de rétractation. Prenez le temps de comparer : l’idéal est d’obtenir plusieurs comptes-rendus et de les lire côte à côte. Vous pouvez pour cela demander un devis gratuit : jusqu’à trois installateurs RGE de votre département vous contactent pour proposer leur visite technique.

Questions fréquentes

La visite technique est-elle gratuite et m’engage-t-elle à acheter ?

Elle est en général proposée sans frais avant le devis, mais demandez-le par écrit avant le rendez-vous. Elle ne vous engage à rien tant que vous n’avez pas signé de devis : ne signez rien le jour même, et rappelez-vous que le contrat conclu hors établissement ouvre un délai de rétractation de 14 jours.

Une étude réalisée à distance suffit-elle ?

Elle peut donner une première estimation de production à partir de votre adresse, de photos et de PVGIS, mais elle ne remplace pas la visite : seule une présence sur place permet de contrôler la charpente, le tableau électrique, la terre et les cheminements de câbles. Méfiez-vous d’un devis ferme sans aucune visite.

Le tarif de rachat dépend-il de la date de la visite ?

Non, il dépend de la date de dépôt de la demande de raccordement. Pour les demandes déposées à partir du 5 juin 2026, le surplus est racheté environ 1,1 c€/kWh et la prime à l’autoconsommation est supprimée ; les projets déposés avant conservent les anciennes conditions. Demandez à l’installateur à quelle date il compte déposer votre dossier.

Comparez jusqu’à 3 devis d’installateurs RGE près de chez vous

Gratuit, sans engagement, réponse sous 48 h ouvrées.

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