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Programmer lave-linge et cuisson sur sa production solaire

Publié le 14 octobre 2026 · 9 min de lecture

Oui, vous pouvez faire tourner votre lave-linge sur vos panneaux solaires : il suffit de lancer le cycle entre la fin de matinée et le milieu d’après-midi, à la main, avec le départ différé ou avec un automatisme. Cela change le prix de chaque kWh consommé : un kWh produit et utilisé chez vous remplace un kWh acheté environ 0,20 €, alors qu’un kWh injecté sur le réseau est payé bien moins. Voici comment procéder, appareil par appareil, et ce que vous pouvez raisonnablement en attendre.

La consommation réelle des principaux appareils

Avant de décaler quoi que ce soit, il faut savoir ce que chaque appareil consomme. Les valeurs ci-dessous sont des ordres de grandeur. Votre étiquette énergie, la notice ou un wattmètre branché sur la prise vous donneront les chiffres exacts de vos machines.

Appareil Consommation par usage (ordre de grandeur) Remarque
Lave-linge, 40 °C ou programme éco 0,5 à 1 kWh par cycle Cycle long, puissance modérée
Lave-linge, 60 °C 1 à 1,5 kWh par cycle La chauffe de l’eau concentre la consommation
Lave-vaisselle 0,8 à 1,5 kWh par cycle Un pic de puissance au chauffage
Sèche-linge à condensation 2 à 3,5 kWh par cycle Appareil très gourmand
Sèche-linge à pompe à chaleur 1 à 2 kWh par cycle Plus sobre, cycle plus long
Four électrique 1 à 2 kWh par cuisson Selon la température et la durée
Plaques à induction 0,5 à 1,5 kWh pour un repas Forte puissance, mais courte durée

Pour comparer avec votre production : en orientation optimale, les panneaux produisent environ 1 040 kWh par kWc et par an en Meuse, environ 1 130 en Île-de-France et environ 1 590 dans les Bouches-du-Rhône. Une installation de 3 kWc produit donc de l’ordre de 3 100 kWh par an en Meuse. En plein midi ensoleillé, une installation de cette taille délivre souvent moins que sa puissance crête. Un lave-linge et un lave-vaisselle lancés en même temps peuvent donc dépasser ce que vos panneaux fournissent à cet instant. L’installation ne couvrirait alors qu’une partie des besoins, le réseau complétant le reste.

Le principe général de la consommation sur place est détaillé dans notre page sur l’autoconsommation.

Bien utiliser le départ différé

Presque tous les lave-linge et lave-vaisselle récents proposent un départ différé : vous chargez la machine, vous choisissez dans combien d’heures elle démarre, et elle se lance seule. C’est la méthode la plus simple et elle ne coûte rien.

Le réglage en pratique

  1. Chargez la machine le matin avant de partir, ou la veille au soir.
  2. Calculez le délai pour que le cycle tombe entre 11 h et 15 h environ. Selon la saison, la région et l’orientation des panneaux, cette plage peut être décalée d’une ou deux heures.
  3. Privilégiez un programme éco ou à 30–40 °C. La puissance appelée est plus faible, et vos panneaux la couvrent plus facilement.
  4. Pensez au moment où vous sortirez le linge : l’idéal est de pouvoir l’étendre peu après la fin du cycle.

Les limites à connaître

Si vous êtes présent en journée (télétravail, retraite, congé parental), le plus simple est de lancer vous-même les machines quand le soleil est là, sans programmation.

Prises connectées et seuils de déclenchement

Pour aller plus loin, on peut automatiser le démarrage en fonction de la production réelle. Il existe trois niveaux de matériel :

Comment fixer un seuil

La règle de base est simple : l’appareil ne doit démarrer que si le surplus disponible couvre à peu près sa puissance. Pour un lave-linge qui chauffe à 2 000 W environ, on fixera un seuil de surplus proche de cette valeur, maintenu plusieurs minutes. Cette durée évite les démarrages et arrêts répétés au moindre nuage. Les bons seuils dépendent de vos appareils, de votre puissance installée et de vos habitudes. Un installateur ou la notice du gestionnaire vous aidera à les régler, puis vous les affinerez après quelques semaines d’observation.

Deux précautions

Un point concerne directement le budget d’une future installation. La TVA à 5,5 % (au lieu de 20 %), applicable depuis le 1er octobre 2025 aux installations jusqu’à 9 kWc sur un bâtiment d’habitation, exige entre autres un système de gestion de l’énergie qui pilote automatiquement au moins deux usages. Les panneaux doivent aussi respecter des critères bas carbone stricts. Demandez donc clairement dans chaque devis quel système de pilotage est prévu, quels usages il commande, et si l’ensemble permet bien le taux réduit. La batterie, elle, reste à 20 %.

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Cuisson, four et plaques : cas particuliers

La cuisson est le poste le plus difficile à caler sur le solaire, car les repas ont lieu à heures fixes. Le déjeuner correspond bien aux heures de production, mais le dîner arrive quand les panneaux produisent peu ou plus du tout.

Ce qui fonctionne bien

Ce qu’il vaut mieux éviter

Les plaques à induction et le four appellent une forte puissance. Ils peuvent donc dépasser la production disponible et tirer du réseau pour la différence. Ce n’est pas un problème en soi : chaque kWh solaire consommé dans la maison reste un kWh que vous n’achetez pas. Le chauffe-eau électrique est souvent le poste le plus facile à décaler, car l’eau chaude se stocke. Il vient en général avant le four dans l’ordre des priorités d’un gestionnaire d’énergie.

Gain annuel à espérer

La raison d’être de ces réglages tient à l’écart de prix. Pour les demandes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026 (arrêté tarifaire du 1er juin 2026), le surplus est racheté environ 1,1 c€/kWh dans le cadre du contrat EDF OA de 20 ans, indexé, et la prime à l’autoconsommation est supprimée. Les projets déposés avant cette date conservent les anciennes conditions. Un kWh que vous consommez vous-même vaut ainsi environ 18 fois un kWh revendu, sur la base d’un réseau à 0,20 €/kWh TTC environ.

Le gain d’un kWh décalé vers la journée est donc d’environ 0,19 € (0,20 € évité moins 0,011 € non perçu). Voici un calcul d’ordre de grandeur :

Ces montants sont indicatifs. Ils dépendent du nombre de cycles, de vos horaires, de votre région (voir la production par département) et de la part de votre consommation qui tombait déjà en journée. Le simulateur d’un devis vous donnera une estimation plus fine pour votre toiture.

Gardez aussi les ordres de grandeur en tête : une installation de 3 kWc coûte de 6 500 à 10 000 € posée TTC, une de 6 kWc de 11 000 à 16 000 € et une de 9 kWc de 14 000 à 21 000 €. Décaler vos appareils ne suffira pas à elle seule à amortir l’ensemble, mais c’est un levier gratuit qui améliore la rentabilité. Il pèse d’autant plus que le rachat du surplus est faible.

Une batterie (4 000 à 9 000 € selon la capacité, TVA à 20 %) permet aussi d’utiliser le soir l’énergie de la journée. Elle augmente l’investissement et son intérêt dépend de votre profil de consommation. Souvent, commencer par décaler les usages est plus judicieux, et vous pouvez comparer ensuite avec un devis chiffré. Consultez aussi notre page sur les aides : MaPrimeRénov’ ne finance pas le photovoltaïque, mais certaines collectivités proposent des aides locales (renseignez-vous via France Rénov’).

Concilier confort familial et solaire

Une organisation trop rigide devient vite pesante. Quelques principes aident à garder un quotidien simple :

Si vous envisagez une installation, parlez de vos habitudes à l’installateur dès le premier rendez-vous : présence en journée, appareils, chauffe-eau, véhicule électrique éventuel. Ces éléments influencent la puissance à installer et le système de pilotage. Pour un projet complet, la page installation photovoltaïque détaille les étapes, et vous pouvez comparer jusqu’à trois installateurs RGE de votre département en demandant un devis gratuit.

Vérifiez que l’installateur est qualifié RGE QualiPV, condition nécessaire pour l’obligation d’achat, et qu’il fournit une garantie décennale. Les démarches (déclaration préalable de travaux, avis de l’ABF en secteur protégé, raccordement Enedis dans la plupart des communes, Consuel) font partie du projet. Méfiez-vous du démarchage promettant une installation « gratuite » ou « autofinancée ». Pour un contrat signé hors établissement, vous disposez de 14 jours de rétractation.

Questions fréquentes

Peut-on faire tourner un lave-linge uniquement avec des panneaux solaires ?

Pas toujours en totalité : si le soleil est faible ou si d’autres appareils fonctionnent en même temps, le réseau complète la production. Un lave-linge en programme éco ou à basse température demande une puissance modérée, qu’une installation résidentielle couvre souvent en grande partie par temps dégagé, mais cela varie selon la météo et la puissance installée.

Faut-il une batterie pour utiliser ses appareils avec le solaire ?

Non. En décalant vos usages vers la journée, vous consommez directement la production sans stockage. Une batterie (4 000 à 9 000 € selon la capacité) sert surtout à utiliser le soir l’énergie produite le jour, et son intérêt se calcule au cas par cas à partir de votre devis.

Les prises connectées suffisent-elles pour obtenir la TVA à 5,5 % ?

Rien ne permet de l’affirmer : la TVA à 5,5 % exige un système de gestion de l’énergie qui pilote automatiquement au moins deux usages, en plus de panneaux respectant des critères bas carbone stricts. Demandez à l’installateur de préciser par écrit dans le devis le dispositif prévu et la TVA appliquée, car sans ces conditions la TVA est de 20 %.

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