Oui, l’autoconsommation peut être pertinente pour une TPE ou une PME, surtout si votre activité consomme de l’électricité en journée, quand les panneaux produisent. Depuis juin 2026, le rachat du surplus est très faible : l’intérêt économique repose donc presque entièrement sur la part d’électricité que vous consommez vous-même. Cet article vous aide à vérifier si votre local s’y prête, avant de demander des devis.
Le profil de consommation d’une activité de jour
C’est le critère numéro un. Des panneaux produisent surtout entre le milieu de la matinée et la fin d’après-midi, et davantage en été qu’en hiver. Plus votre consommation coïncide avec ces heures, plus la part autoconsommée est élevée, et plus l’installation est rentable.
Quelques activités s’y prêtent généralement bien :
- bureaux, cabinets, agences ouverts en journée (informatique, éclairage, climatisation) ;
- ateliers et petite production qui font tourner des machines en semaine ;
- commerces avec froid alimentaire, qui consomment aussi la nuit mais beaucoup en journée ;
- entrepôts avec éclairage, chargeurs et quais d’activité diurne.
À l’inverse, une activité qui consomme surtout le soir, la nuit ou le week-end (restaurant du soir, local fermé en semaine) autoconsommera peu sans stockage.
Comment connaître votre profil réel
Ne vous fiez pas à votre intuition : demandez la courbe de charge de votre compteur. Les données de consommation sont en général accessibles auprès de votre gestionnaire de réseau ou de votre fournisseur. Un bon installateur s’appuie dessus pour dimensionner l’installation. Repérez aussi :
- votre consommation annuelle en kWh et sa répartition mensuelle ;
- votre puissance souscrite ;
- le prix du kWh sur votre facture professionnelle, hors taxes, puisque la TVA est généralement récupérable pour une entreprise.
Pour mémoire, l’électricité du réseau se situe autour de 0,20 €/kWh TTC pour un particulier. Votre contrat professionnel peut être très différent : c’est votre prix qui sert de base au calcul. Pour comprendre le principe, consultez notre page sur l’autoconsommation solaire.
Puissance et cadre tarifaire applicable
La puissance se choisit d’après votre consommation de jour, pas d’après la surface de toiture disponible. Surdimensionner revient à produire un surplus revendu à un prix faible.
Ce qui change pour les demandes déposées depuis le 5 juin 2026
Selon l’arrêté tarifaire du 1er juin 2026, pour les demandes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026 :
- le surplus est racheté environ 1,1 c€/kWh, dans le cadre d’un contrat EDF OA de 20 ans, indexé ;
- la prime à l’autoconsommation est supprimée.
Les projets déposés avant cette date conservent les anciennes conditions.
L’écart est net : un kWh autoconsommé vaut environ 18 fois un kWh revendu (0,20 € contre 0,011 €). Pour un local professionnel, l’objectif est donc d’autoconsommer le plus possible, pas de revendre.
Une remarque sur les grandes puissances
Les tarifs de rachat ci-dessus s’appliquent aux petites installations. Au-delà d’un certain seuil de puissance, les règles de soutien peuvent différer (autre mode de contractualisation, autres conditions). Si votre projet dépasse quelques dizaines de kWc, faites préciser par l’installateur le cadre applicable à votre puissance et à la date de votre demande.
Ordre de grandeur de production
La production dépend de la région. Avec une orientation optimale (source PVGIS) :
| Département | Production par kWc et par an | Pour 9 kWc (calcul simple) |
|---|---|---|
| Meuse | ≈ 1 040 kWh | ≈ 9 400 kWh |
| Île-de-France | ≈ 1 130 kWh | ≈ 10 200 kWh |
| Bouches-du-Rhône | ≈ 1 590 kWh | ≈ 14 300 kWh |
Vous trouverez d’autres départements sur notre page production solaire par département. Une toiture mal orientée ou ombragée produit moins : l’installateur doit le chiffrer.
Un exemple de raisonnement, à refaire avec vos chiffres
Prenons une hypothèse volontairement simple : 9 kWc en Île-de-France (≈ 10 200 kWh/an), dont 80 % autoconsommés, soit ≈ 8 100 kWh. À 0,20 €/kWh, cela représente environ 1 600 € d’électricité non achetée par an. Les 20 % restants, revendus à 1,1 c€/kWh, rapportent une vingtaine d’euros. Les prix constatés pour un particulier (9 kWc : 14 000 à 21 000 € TTC) donneraient alors un retour sur investissement de l’ordre de 9 à 13 ans, hors évolution du prix de l’électricité et hors maintenance.
Cet ordre de grandeur est indicatif. Pour une entreprise, il faut raisonner en hors taxes avec votre prix du kWh et le devis chiffré de votre installation.
Amortissement comptable et TVA récupérable
Pour une entreprise, l’installation est en principe une immobilisation que vous inscrivez à l’actif et amortissez sur plusieurs années. L’amortissement vient réduire votre résultat imposable. La durée et le mode d’amortissement dépendent de votre situation : faites-les valider par votre expert-comptable.
Côté TVA, deux points à ne pas confondre :
- Le taux à 5,5 % ne concerne pas votre local professionnel. Il s’applique depuis le 1er octobre 2025 aux installations jusqu’à 9 kWc sur un bâtiment d’habitation, et seulement si les panneaux respectent des critères bas carbone stricts et si un système de gestion de l’énergie pilote au moins deux usages. Sinon, c’est 20 %. La batterie reste à 20 %.
- Si votre entreprise est assujettie à la TVA, la TVA payée sur l’installation est en principe récupérable, selon votre régime et l’usage de l’électricité produite. En franchise en base de TVA, vous ne la récupérez pas. La vente éventuelle du surplus peut aussi avoir une incidence : vérifiez-la avec votre comptable.
Plus largement, MaPrimeRénov’ ne finance pas le photovoltaïque. Des aides locales existent parfois selon les collectivités. Le conseil France Rénov’ ou votre mairie peut vous renseigner, et notre page sur les aides pour panneaux solaires fait le point. L’exonération d’impôt sur le revenu de la vente du surplus (installations ≤ 3 kWc, sous conditions) est pensée pour les particuliers : ne la considérez pas comme acquise pour votre société.
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Toiture, ombrières ou installation au sol
La toiture, solution la plus courante
Elle n’occupe pas de terrain et reste généralement la solution la plus économique. Avant tout projet, faites vérifier :
- la structure et l’état de la couverture (une réfection de toiture à prévoir vaut mieux avant la pose) ;
- l’orientation, l’inclinaison et les ombres portées (cheminées, bâtiments voisins, arbres) ;
- le mode de pose adapté à votre type de toiture (bac acier, toit-terrasse, tuiles) ;
- votre statut : locataire, vous avez besoin de l’accord écrit du propriétaire ; en copropriété, d’une décision de l’assemblée.
Les ombrières de parking
Elles produisent tout en protégeant les véhicules, et conviennent si la toiture est inadaptée ou trop petite. Elles coûtent généralement plus cher à installer qu’une pose en toiture, car il faut une structure porteuse et des fondations. Leur taille peut aussi entraîner des démarches d’urbanisme plus lourdes.
L’installation au sol
Elle exige un terrain disponible, un câblage vers le bâtiment et des règles d’urbanisme parfois plus strictes. Elle garde un intérêt si le terrain est inutilisé et que la toiture ne convient pas. Dans les trois cas, la surface détermine la puissance maximale, mais c’est votre consommation qui doit trancher.
Une batterie (4 000 à 9 000 € selon la capacité, TVA à 20 %) est rarement le premier choix pour une activité de jour : le gain est limité si vous consommez déjà l’essentiel pendant la production. Notre page sur les batteries solaires détaille les cas où elle peut se justifier.
Démarches, urbanisme et raccordement
L’installateur peut en général s’occuper des formalités, mais en tant que dirigeant vous restez responsable de votre dossier. Voici le parcours habituel :
- Déclaration préalable de travaux en mairie (selon la nature et la taille du projet, un permis de construire peut être exigé : demandez au service urbanisme).
- Avis de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) si votre local est en secteur protégé, ce qui peut allonger les délais ou imposer des contraintes d’aspect.
- Demande de raccordement auprès d’Enedis, dans la plupart des communes (certaines relèvent d’une entreprise locale de distribution). C’est la date de cette demande qui détermine les conditions tarifaires applicables : avant ou à partir du 5 juin 2026.
- Contrat d’obligation d’achat avec EDF OA si vous revendez le surplus. Il exige une installation réalisée par un professionnel qualifié RGE QualiPV.
- Attestation Consuel de conformité électrique, avant la mise en service.
Informez aussi votre assureur : le bâtiment équipé et le matériel doivent être couverts. Pour mieux comprendre les étapes, voyez notre page sur l’installation photovoltaïque.
Les points de vigilance contractuels
Le devis et le contrat engagent votre entreprise pendant de longues années. Avant de signer, vérifiez :
- La qualification RGE QualiPV de l’installateur et sa garantie décennale en cours de validité, avec attestation à l’appui.
- Le détail du devis : puissance en kWc, nombre et référence des panneaux, onduleur, structure de pose, raccordement, démarches administratives, système de suivi.
- Les garanties sur les panneaux, l’onduleur et la pose, avec leurs durées et leurs conditions.
- L’estimation de production : demandez sur quelles hypothèses (orientation, ombrages, localisation) elle repose, et comparez-la avec les valeurs PVGIS ci-dessus.
- La part autoconsommée estimée : elle doit s’appuyer sur votre courbe de charge, pas sur une moyenne.
- Les modalités de maintenance et de suivi après l’installation.
- Le planning et les pénalités éventuelles en cas de retard, notamment si le chantier perturbe votre activité.
Méfiez-vous des offres « gratuites »
Soyez prudent face au démarchage promettant une installation « gratuite » ou « autofinancée ». Une installation a toujours un coût : si on vous annonce le contraire, demandez qui paie, comment et pendant combien de temps. Ne signez jamais sous pression et comparez plusieurs devis.
Si le contrat est signé hors établissement (chez vous ou sur votre lieu de travail à la suite d’un démarchage), un délai de rétractation de 14 jours s’applique. Pour une entreprise, ce droit dépend de conditions précises (taille, objet du contrat, lien avec votre activité principale) : demandez conseil à un juriste ou à votre expert-comptable.
Questions fréquentes
Faut-il une batterie pour une installation en entreprise ?
Pas nécessairement. Si votre activité consomme surtout en journée, l’électricité produite est consommée directement et le gain d’une batterie reste limité au regard de son coût (4 000 à 9 000 €, TVA à 20 %). Elle peut se justifier si une part importante de votre consommation a lieu le soir ou le week-end ; le devis doit alors le démontrer chiffres à l’appui.
La TVA à 5,5 % s’applique-t-elle à mon local professionnel ?
Non, ce taux concerne les installations jusqu’à 9 kWc sur un bâtiment d’habitation, sous des conditions strictes (critères bas carbone et système de gestion de l’énergie). Pour un local professionnel, la TVA est en principe de 20 %, et récupérable si votre entreprise y est assujettie ; confirmez-le avec votre expert-comptable.
Est-il encore intéressant de revendre le surplus ?
Peu. Pour les demandes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026, le surplus est racheté environ 1,1 c€/kWh et la prime à l’autoconsommation est supprimée. Le gain vient surtout des kWh que vous consommez vous-même, et il faut donc dimensionner l’installation sur votre consommation de jour.