Sur une installation de 6 kWc en Île-de-France, le kWh produit revient à environ 0,095 € sur 25 ans, soit moins de la moitié d’un kWh du réseau à 0,20 €. Ce chiffre ne vaut cependant que pour les kWh que vous consommez vous-même : un kWh revendu rapporte environ 1,1 c€ depuis l’arrêté tarifaire du 1er juin 2026. Voici comment faire le calcul avec vos propres données.
La méthode de calcul expliquée simplement
Le coût du kWh solaire se calcule comme un « prix de revient » : on divise tout ce que l’installation vous coûte sur sa durée de vie par tout ce qu’elle produit sur la même période.
Coût du kWh = (investissement + remplacements + entretien − aides) ÷ kWh produits sur la durée de vie
Chaque terme demande une précision :
- Investissement : le prix posé TTC figurant sur le devis. Il dépend du taux de TVA appliqué. La TVA à 5,5 % ne concerne que les installations jusqu’à 9 kWc sur un bâtiment d’habitation, à deux conditions : des panneaux respectant des critères bas carbone stricts, et un système de gestion de l’énergie qui pilote automatiquement au moins deux usages. Sinon, elle est de 20 %.
- Remplacements : l’onduleur dure en général moins longtemps que les panneaux. Il faut donc prévoir son remplacement au moins une fois.
- Entretien : nettoyage éventuel, contrôles, assurance. Le montant est modeste mais jamais nul.
- Aides : MaPrimeRénov’ ne finance pas le photovoltaïque. Des aides locales existent selon les collectivités, et la prime à l’autoconsommation est supprimée pour les demandes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026.
- Production : la production annuelle estimée, diminuée d’une légère baisse de rendement chaque année.
Ce calcul est volontairement simple. Il n’inclut ni les intérêts d’un éventuel crédit, ni l’évolution future du prix de l’électricité. Il donne un ordre de grandeur honnête, pas une rentabilité garantie.
Exemple détaillé sur une installation 6 kWc
Prenons une installation de 6 kWc en Île-de-France, avec une orientation optimale. Voici les hypothèses :
- Prix posé TTC : 13 500 €, soit le milieu de la fourchette constatée de 11 000 à 16 000 € pour 6 kWc.
- Production : environ 1 130 kWh/kWc/an d’après PVGIS, soit 6 780 kWh la première année. En intégrant une légère baisse de rendement, on retient une moyenne de 6 500 kWh/an.
- Durée de vie retenue : 25 ans, soit 162 500 kWh produits.
- Remplacement de l’onduleur : 1 500 €, hypothèse de travail à vérifier sur votre devis.
- Entretien : 500 € sur 25 ans, hypothèse également.
Le coût total s’élève à 13 500 + 1 500 + 500 = 15 500 €. Le coût du kWh produit est donc de 15 500 ÷ 162 500 ≈ 0,095 €, soit 9,5 centimes.
Ce résultat change selon la région, car la production varie fortement. À prix identique (13 500 € posés), voici ce que donne le même calcul :
| Lieu (orientation optimale) | Production de départ | Production moyenne retenue | Coût du kWh sur 25 ans |
|---|---|---|---|
| Meuse (≈ 1 040 kWh/kWc) | 6 240 kWh/an | ≈ 5 990 kWh/an | ≈ 0,104 € |
| Île-de-France (≈ 1 130 kWh/kWc) | 6 780 kWh/an | 6 500 kWh/an | ≈ 0,095 € |
| Bouches-du-Rhône (≈ 1 590 kWh/kWc) | 9 540 kWh/an | ≈ 9 160 kWh/an | ≈ 0,068 € |
Pour estimer la production dans votre département, consultez notre page sur les panneaux solaires en France. Si vous êtes dans le sud, la page panneaux solaires dans les Bouches-du-Rhône donne un exemple local.
Comparaison avec un réseau à 0,20 €/kWh
Comparer 0,095 € à 0,20 € serait trop rapide. Le prix du réseau (environ 0,20 €/kWh TTC, ordre de grandeur) ne s’évite que pour les kWh autoconsommés. Les autres partent sur le réseau et sont rachetés environ 1,1 c€/kWh (contrat EDF OA de 20 ans, indexé) pour les demandes déposées à partir du 5 juin 2026. Un kWh autoconsommé vaut donc environ 18 fois un kWh revendu.
La valeur moyenne d’un kWh produit dépend alors de votre taux d’autoconsommation. Calcul avec un réseau à 0,20 € maintenu constant et un surplus à 0,011 € :
| Part autoconsommée | Valeur moyenne d’un kWh produit | Comparaison avec le coût de 0,095 € |
|---|---|---|
| 30 % | ≈ 0,068 € | Inférieure au coût |
| 50 % | ≈ 0,106 € | Légèrement supérieure |
| 70 % | ≈ 0,143 € | Nettement supérieure |
Dans cet exemple, le seuil d’équilibre se situe autour de 45 % d’autoconsommation. En dessous, l’installation ne se rembourse pas sur 25 ans avec ces hypothèses. Au-dessus, elle commence à dégager un gain. Ce seuil bouge avec le prix de l’installation, la production locale et l’évolution du tarif du réseau.
Votre taux réel dépend de vos habitudes. Un foyer absent en journée en consomme moins qu’un foyer en télétravail ou équipé d’un ballon d’eau chaude piloté. Votre installateur doit vous indiquer l’hypothèse retenue pour votre cas.
Comparez jusqu’à 3 devis d’installateurs RGE près de chez vous
Gratuit, sans engagement, réponse sous 48 h ouvrées.
Effet d’une batterie sur ce coût
Une batterie stocke le surplus de la journée pour le restituer le soir. Elle augmente donc la part autoconsommée, mais elle ajoute un investissement. Les prix constatés vont de 4 000 à 9 000 € selon la capacité, avec une TVA qui reste à 20 %.
Voici un exemple avec une batterie à 6 000 €, qui ferait passer l’autoconsommation de 40 % à 70 % :
- kWh supplémentaires autoconsommés : 30 % de 6 500 kWh, soit environ 1 950 kWh/an.
- Gain par kWh : 0,20 € − 0,011 € = 0,189 €. Le gain annuel est d’environ 370 €.
- Sur 15 ans (durée supposée, à vérifier dans la garantie du fabricant) : environ 29 250 kWh déplacés, pour un gain cumulé d’environ 5 500 €.
Le coût de chaque kWh déplacé par la batterie est alors d’environ 6 000 ÷ 29 250 ≈ 0,21 €. C’est comparable au prix du réseau, voire un peu au-dessus. Avec une batterie à 4 000 €, on tombe vers 0,14 €, mais la capacité est plus faible et le volume déplacé le serait aussi.
Avec les prix actuels, la batterie améliore souvent le confort et l’indépendance plus que le calcul économique. Elle devient plus intéressante si le prix du réseau augmente ou si votre profil de consommation s’y prête. Le guide des batteries solaires détaille ces arbitrages. Un pilotage automatique des usages (ballon d’eau chaude, recharge de véhicule) peut aussi augmenter l’autoconsommation sans stockage.
Sensibilité aux hypothèses de durée de vie
La durée de vie retenue pèse lourd dans le résultat, car elle détermine le nombre de kWh sur lequel on étale le coût. Voici l’exemple précédent (13 500 €, 6 500 kWh/an en moyenne) avec des durées différentes :
| Durée de vie retenue | Coûts totaux | kWh produits | Coût du kWh |
|---|---|---|---|
| 15 ans | 15 500 € | 97 500 kWh | ≈ 0,159 € |
| 20 ans | 15 500 € | 130 000 kWh | ≈ 0,119 € |
| 25 ans | 15 500 € | 162 500 kWh | ≈ 0,095 € |
| 30 ans | 17 000 € (2e onduleur) | 195 000 kWh | ≈ 0,087 € |
L’écart est net : de 15 à 25 ans, le coût du kWh baisse d’environ 40 %. Au-delà de 25 ans, le gain devient faible, car il faut financer un second remplacement d’onduleur. Notez aussi que le contrat de rachat du surplus dure 20 ans.
Pour juger la fiabilité de l’hypothèse, regardez les garanties écrites sur le devis : garantie produit et garantie de performance des panneaux, garantie de l’onduleur, et garantie décennale de l’installateur, obligatoire. Une durée de vie « théorique » compte moins qu’une garantie contractuelle.
Ce que ce chiffre implique pour décider
Le coût du kWh n’est pas un verdict, c’est un point de comparaison. Voici comment l’utiliser :
- Calculez votre propre coût du kWh avec le prix posé du devis, la production estimée pour votre toit et une durée prudente (20 à 25 ans).
- Estimez votre taux d’autoconsommation à partir de votre profil de consommation, puis comparez la valeur moyenne du kWh produit au coût obtenu.
- Vérifiez le taux de TVA appliqué et ses conditions (critères des panneaux, gestion de l’énergie). Un devis à 5,5 % non justifié peut être remis en cause.
- Vérifiez les aides locales auprès de France Rénov’ ou de votre collectivité. Voir notre page sur les aides pour les panneaux solaires. Si votre demande de raccordement a été déposée avant le 5 juin 2026, les anciennes conditions de rachat et de prime continuent de s’appliquer.
- Comparez au moins deux ou trois devis : un écart de prix de plusieurs milliers d’euros pour la même puissance est fréquent dans les fourchettes constatées.
Soyez vigilant face au démarchage promettant une « installation gratuite » ou « autofinancée » : ces formules masquent souvent un crédit ou des hypothèses de production trop optimistes. Un contrat signé hors établissement ouvre un délai de rétractation de 14 jours. Vérifiez la qualification RGE QualiPV de l’installateur, nécessaire pour l’obligation d’achat, ainsi que sa garantie décennale.
Enfin, rappelons les démarches : déclaration préalable de travaux, avis de l’ABF en secteur protégé, raccordement Enedis (dans la plupart des communes) et Consuel. Pour les installations de 3 kWc ou moins, la vente du surplus peut être exonérée d’impôt sur le revenu, sous conditions.
Pour obtenir un chiffre adapté à votre toit, vous pouvez demander jusqu’à 3 devis gratuits à des installateurs RGE de votre département et comparer leur coût du kWh sur une base identique.
Questions fréquentes
Le kWh solaire est-il toujours moins cher que celui du réseau ?
Non. Dans notre exemple, il coûte environ 0,095 € à produire, contre 0,20 € au réseau, mais seuls les kWh autoconsommés évitent cet achat. Le surplus n’est racheté qu’environ 1,1 c€/kWh pour les demandes déposées à partir du 5 juin 2026.
Faut-il compter l’onduleur dans le coût du kWh ?
Oui, car il faut généralement le remplacer au moins une fois sur la durée de vie des panneaux. Prévoyez une provision (1 500 € dans notre exemple, à vérifier sur devis) et regardez sa garantie dans le devis.
Une batterie fait-elle baisser le coût du kWh ?
Elle augmente la part autoconsommée, mais ajoute 4 000 à 9 000 € d’investissement, à TVA de 20 %. Dans notre exemple, chaque kWh déplacé revient à environ 0,21 €, proche du prix du réseau : l’intérêt économique est donc limité aujourd’hui.