En règle générale, quand le soleil produit, il vaut mieux consommer cette électricité sur place plutôt que celle du réseau, même en heures creuses. Les heures creuses restent utiles pour couvrir ce que vos panneaux ne fournissent pas : la nuit, l’hiver, les jours sombres. Cet article vous aide à répartir vos usages entre ces deux sources, sans investissement inutile.
Comprendre son option tarifaire actuelle
Avant d’arbitrer, il faut savoir de quoi vous partez. Trois grandes familles de contrats existent pour un particulier :
- Option Base : un prix unique du kWh, quelle que soit l’heure.
- Heures pleines / heures creuses : le kWh est moins cher pendant certaines plages horaires, souvent environ huit heures par jour, fréquemment la nuit.
- Tempo : des prix différents selon la couleur du jour (bleu, blanc, rouge) et selon l’heure.
Votre facture indique l’option souscrite, les prix du kWh et, en heures pleines/creuses, les plages horaires. Ces plages dépendent du contrat et de la zone de distribution, et elles peuvent évoluer, y compris vers le milieu de journée dans certains cas. Vérifiez-les sur votre espace client avant de planifier quoi que ce soit.
Notez aussi que l’écart de prix entre heures pleines et heures creuses varie d’un fournisseur à l’autre. C’est lui qui détermine l’intérêt d’un décalage. Prenez vos propres tarifs, pas une moyenne.
Journée solaire contre heures creuses nocturnes
Le raisonnement repose sur la valeur de chaque kWh. L’électricité du réseau coûte de l’ordre de 0,20 € le kWh TTC. Pour les demandes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026 (arrêté tarifaire du 1er juin 2026), le surplus injecté est racheté environ 1,1 c€/kWh, dans le cadre d’un contrat EDF OA de 20 ans, indexé. La prime à l’autoconsommation est supprimée pour ces projets. Un kWh autoconsommé vaut donc environ 18 fois un kWh revendu.
| Source du kWh | Valeur ou coût approximatif | Remarque |
|---|---|---|
| Solaire autoconsommé | Évite l’achat d’un kWh (≈ 0,20 € en ordre de grandeur) | Disponible seulement quand il y a du soleil |
| Réseau en heures pleines | ≈ 0,20 € TTC | Variable selon le contrat |
| Réseau en heures creuses | Inférieur aux heures pleines | Écart propre à votre contrat |
| Surplus revendu (demande déposée dès le 5 juin 2026) | ≈ 0,011 € | Contrat EDF OA, 20 ans, indexé |
Les projets dont la demande de raccordement a été déposée avant le 5 juin 2026 conservent les anciennes conditions. Si c’est votre cas, relisez votre contrat d’achat : les montants diffèrent, mais le raisonnement reste le même.
Concrètement, déplacer une machine de la nuit vers le milieu de journée ensoleillée vous fait économiser le kWh d’heures creuses que vous auriez acheté. À l’inverse, consommer la nuit un appareil que le soleil aurait pu alimenter vous fait perdre la valeur de ce kWh solaire, qui part au tarif de rachat. Le décalage vers la journée se justifie donc dès que votre production dépasse votre consommation du moment.
La production varie selon les régions, avec des panneaux à l’orientation optimale (données PVGIS) : environ 1 040 kWh/kWc/an en Meuse, environ 1 130 en Île-de-France, environ 1 590 dans les Bouches-du-Rhône. Pour une installation de 6 kWc, cela représente à peu près 6 200 kWh par an en Meuse, 6 800 en Île-de-France et 9 500 dans les Bouches-du-Rhône. Votre région change donc la part de surplus et la durée de la « saison solaire ». Vous pouvez consulter la production par département pour situer votre cas.
Les heures creuses gardent leur utilité en hiver, quand la production est faible, et la nuit pour les usages qui ne peuvent pas attendre. Pour approfondir la logique générale, notre page sur l’autoconsommation détaille les différents modes de fonctionnement.
Ballon et batterie : quel arbitrage
Le ballon d’eau chaude : le stockage le plus simple
Chauffer l’eau est l’usage le plus facile à déplacer. Réchauffer un ballon de 200 litres de 40 °C consomme de l’ordre de 8 à 10 kWh, hors pertes. Ce volume d’énergie correspond bien à un après-midi de production, et l’eau chaude se stocke à faible coût.
Une stratégie courante consiste à combiner les deux sources :
- Beaux jours : le ballon chauffe en priorité avec le surplus solaire, en milieu de journée.
- Période sombre : le ballon est relancé en heures creuses pour garantir une eau chaude suffisante.
Cela suppose un pilotage : un routeur, un gestionnaire d’énergie ou un contacteur adapté. Son coût dépend de votre équipement et de votre devis. Si votre ballon est déjà asservi aux heures creuses, ne le débranchez pas sans solution de remplacement : l’eau chaude du soir doit rester assurée.
La batterie : un confort, rarement un calcul évident
Une batterie stocke le surplus de la journée pour l’utiliser le soir, et elle peut parfois se recharger sur le réseau la nuit, selon le matériel et le contrat. Son prix se situe entre 4 000 et 9 000 € selon la capacité, avec une TVA qui reste à 20 %.
Prenons un calcul d’illustration, avec des hypothèses simplifiées : une batterie de 5 kWh utiles, cyclée 250 fois par an, restitue environ 1 250 kWh. À 0,20 € le kWh évité, cela représente environ 250 € par an, à comparer à un investissement de plusieurs milliers d’euros. Les chiffres réels dépendent de la capacité, du rendement, de votre consommation du soir et du devis. Retenez toutefois l’ordre de grandeur : le retour sur investissement d’une batterie est en général long.
La recharge nocturne en heures creuses n’améliore le bilan que si l’écart avec le tarif des heures pleines est suffisant. Demandez à l’installateur une simulation chiffrée, avec et sans batterie, sur votre profil réel. Notre page batteries solaires présente les points à comparer.
| Critère | Ballon piloté | Batterie |
|---|---|---|
| Énergie stockée | Chaleur (eau chaude) | Électricité, tous usages |
| Coût | Pilotage à chiffrer au devis | 4 000 à 9 000 € selon capacité |
| TVA | Selon la prestation | 20 % |
| Limite | Un seul usage | Amortissement long |
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Tarifs dynamiques : quel intérêt
Un tarif dynamique indexe le prix du kWh sur les prix de marché, qui changent d’une heure à l’autre. Il nécessite un compteur communicant et un fournisseur proposant ce type d’offre. Quand la production solaire est abondante sur le réseau, les prix de marché en milieu de journée peuvent être bas, voire négatifs, tandis que les soirs d’hiver sont souvent plus chers.
Pour un foyer équipé de panneaux, l’intérêt est double mais limité :
- Votre propre production couvre déjà une partie du midi. Le tarif dynamique joue donc surtout sur ce que vous achetez en complément.
- Il favorise un pilotage fin des gros consommateurs (recharge de véhicule électrique, ballon, chauffage), à condition de les automatiser.
- Il vous expose aux pointes de prix, notamment le soir et en période froide.
Le prix de rachat du surplus ne change pas : il reste celui du contrat d’obligation d’achat, soit environ 1,1 c€/kWh pour les demandes déposées à partir du 5 juin 2026. Un tarif dynamique ne valorise donc pas mieux ce que vous injectez.
Si vous êtes peu disponible pour surveiller vos consommations et que rien n’est automatisé, une option heures creuses classique reste plus lisible. Comparez les offres sur vos profils d’usage réels, plutôt que sur des promesses d’économie générales.
Reprogrammer ses appareils en conséquence
Pour déplacer des consommations, la plupart des appareils récents suffisent, sans équipement supplémentaire :
- Lave-linge et lave-vaisselle : le départ différé permet de caler le cycle sur les heures de soleil.
- Sèche-linge : à lancer lui aussi en journée ensoleillée, car c’est un gros consommateur.
- Ballon d’eau chaude : plage solaire en été, heures creuses en complément.
- Véhicule électrique : recharge à midi si vous êtes présent, sinon la nuit en heures creuses.
- Pompe à chaleur ou climatisation : préchauffer ou prérafraîchir le logement pendant la production.
Évitez de lancer plusieurs gros appareils en même temps : votre puissance souscrite et la production disponible les limitent. Pour automatiser, vous pouvez recourir à des prises connectées, à des programmateurs ou à un gestionnaire d’énergie, éventuellement lié à l’onduleur si celui-ci le permet.
Ce point a aussi une conséquence fiscale. La TVA à 5,5 % s’applique depuis le 1er octobre 2025 aux installations jusqu’à 9 kWc sur un bâtiment d’habitation, mais à deux conditions cumulatives. Les panneaux doivent respecter des critères bas carbone stricts (bilan carbone, teneurs en argent, plomb et cadmium). Un système de gestion de l’énergie doit en outre piloter automatiquement au moins deux usages. Sinon, la TVA est de 20 %. Demandez au devis comment ces deux conditions sont remplies et ce que l’automatisation inclut.
Exemple de planning hebdomadaire
Voici un exemple purement illustratif, pour un foyer avec une installation de quelques kWc, un ballon piloté et un lave-linge à départ différé. Adaptez-le à vos horaires, aux plages de vos heures creuses et à la saison (il vaut pour une période ensoleillée).
| Jour | Milieu de journée (solaire) | Nuit (heures creuses) |
|---|---|---|
| Lundi | Ballon en priorité solaire | Appoint du ballon si besoin |
| Mardi | Lave-linge en départ différé | Recharge du véhicule électrique |
| Mercredi | Lave-vaisselle, usages à domicile | Rien de particulier |
| Jeudi | Ballon en priorité solaire | Recharge du véhicule électrique |
| Vendredi | Lave-linge en départ différé | Appoint du ballon si besoin |
| Samedi | Sèche-linge, gros ménage, cuisine | Rien de particulier |
| Dimanche | Lessive et préchauffage du logement | Recharge éventuelle selon les trajets |
En hiver, la logique s’inverse en partie. Le soleil couvre moins, et le ballon, le véhicule et certains cycles passent plus souvent en heures creuses. Ajustez ensuite après quelques semaines de suivi sur votre compteur ou votre application d’onduleur.
Pour chiffrer votre projet, comparez plusieurs devis plutôt qu’un seul. Le formulaire de devis vous met en relation avec jusqu’à 3 installateurs RGE de votre département. Vérifiez la qualification QualiPV (nécessaire à l’obligation d’achat) et la garantie décennale. Méfiez-vous du démarchage promettant une installation « gratuite » ou « autofinancée ». Pour un contrat signé hors établissement, vous disposez de 14 jours de rétractation. Sachez enfin que MaPrimeRénov’ ne finance pas le photovoltaïque. Seules des aides locales peuvent exister selon les collectivités, détaillées sur notre page dédiée aux aides.
Questions fréquentes
Faut-il garder l’option heures creuses avec des panneaux solaires ?
Cela dépend de votre consommation. Si vous consommez beaucoup la nuit (ballon, véhicule électrique, chauffage), l’option garde son intérêt. Si l’essentiel de vos usages passe en journée grâce au solaire, elle sert moins. Comparez vos factures avant et après plusieurs mois de fonctionnement, et demandez une simulation à l’installateur.
Vaut-il mieux revendre le surplus ou le consommer ?
Consommer est nettement plus avantageux : un kWh autoconsommé évite un achat d’environ 0,20 €, alors qu’un kWh revendu rapporte environ 1,1 c€ pour les demandes déposées à partir du 5 juin 2026. L’écart est d’environ 18 pour 1. Ce n’est pas une raison de surconsommer, mais de caler les usages flexibles sur les heures de production.
Une batterie permet-elle de profiter des heures creuses ?
Certaines batteries peuvent se recharger la nuit sur le réseau, mais le gain dépend de l’écart entre vos tarifs heures pleines et heures creuses. Avec un prix de 4 000 à 9 000 € et une TVA à 20 %, l’amortissement est souvent long. Demandez au devis une simulation chiffrée pour votre foyer avant de décider.