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Autoconsommation totale ou revente du surplus en 2026

Publié le 24 septembre 2026 · 9 min de lecture

Depuis l’arrêté tarifaire du 1er juin 2026, le surplus injecté sur le réseau est racheté environ 1,1 c€/kWh pour les demandes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026 : la vente du surplus ne représente donc plus qu’un revenu marginal. Concrètement, l’arbitrage entre autoconsommation totale et vente du surplus ne se joue plus sur les revenus, mais sur le confort administratif et sur la part d’électricité que vous consommez vous-même. Voici comment trancher selon votre profil, votre département et votre budget.

Les deux options depuis la réforme

Une installation photovoltaïque résidentielle produit de l’électricité que vous consommez immédiatement sur place. Ce qui n’est pas consommé part sur le réseau. À partir de là, deux voies sont possibles.

La vente du surplus

Vous signez un contrat d’obligation d’achat avec EDF OA (ou une entreprise locale de distribution selon votre commune), d’une durée de 20 ans, avec un tarif indexé. Le surplus injecté est mesuré par le compteur communicant et facturé une à deux fois par an. Pour les dossiers déposés à partir du 5 juin 2026, ce tarif est d’environ 1,1 c€/kWh, et la prime à l’autoconsommation est supprimée. Les projets déposés avant cette date conservent les anciennes conditions : si vous avez déjà un dossier en cours, vérifiez sa date de dépôt avant toute décision.

L’autoconsommation totale

Vous ne signez aucun contrat de vente. Deux variantes existent : soit vous injectez le surplus sans être rémunéré (l’électricité part gratuitement sur le réseau), soit l’installation est équipée d’un dispositif qui empêche toute injection, l’onduleur bridant la production quand elle dépasse la consommation du logement. Dans les deux cas, la démarche est plus simple, mais vous renoncez à valoriser le moindre kilowattheure excédentaire.

Retenez le point central : un kilowattheure autoconsommé vaut environ 18 fois un kilowattheure revendu. Avec une électricité réseau autour de 0,20 €/kWh TTC, chaque kWh que vous consommez vous-même vous économise 0,20 €, quand le même kWh vendu rapporte 0,011 €. Toute la rentabilité s’est déplacée du côté de l’usage direct, ce que détaille notre page dédiée à l’autoconsommation.

Ce que rapporte réellement un surplus à 1,1 c€/kWh

Le plus simple est de chiffrer. Prenons une installation de 6 kWc en Île-de-France, où la production s’établit autour de 1 130 kWh/kWc/an en orientation favorable (données PVGIS), soit environ 6 780 kWh par an. Avec un taux d’autoconsommation de 35 %, situation courante dans un foyer absent la journée sans pilotage particulier :

Poste Volume annuel Valeur annuelle
Électricité autoconsommée (35 %) ≈ 2 370 kWh ≈ 475 € d’économies
Surplus vendu (65 %) à 1,1 c€/kWh ≈ 4 410 kWh ≈ 49 € de revenus
Total 6 780 kWh ≈ 524 €

Le surplus pèse donc moins de 10 % du gain total, alors qu’il représente près des deux tiers de la production. Même dans le Sud, où une installation de 3 kWc dans les Bouches-du-Rhône produit environ 4 770 kWh (≈ 1 590 kWh/kWc/an), un surplus de 2 400 kWh ne rapporte qu’une trentaine d’euros par an. Ces montants restent des ordres de grandeur : votre production dépend de l’orientation, de l’inclinaison, des ombrages et de votre département — vous pouvez comparer les rendements sur notre page production par département.

Conclusion pratique : la vente du surplus n’est plus un argument de rentabilité, mais elle reste un petit complément qui ne coûte rien à encaisser une fois le contrat signé. Et pour les installations de 3 kWc ou moins, ces revenus bénéficient d’une exonération d’impôt sur le revenu, sous conditions.

Démarches et contrat dans chaque cas

Une grande partie des formalités est commune aux deux options, car elles relèvent de l’urbanisme et de la sécurité électrique, pas du mode de valorisation.

Ce qui s’applique dans tous les cas

Ce qui change avec la vente du surplus

L’obligation d’achat impose de faire appel à une entreprise disposant de la qualification RGE QualiPV. Vous devez ensuite constituer le dossier de contrat auprès d’EDF OA, déclarer votre production, puis émettre une facture annuelle (ou semestrielle) sur la base des index relevés. Rien d’insurmontable, mais c’est un engagement de 20 ans et un suivi administratif régulier.

Ce qui change en autoconsommation totale

Pas de contrat d’achat, pas de facturation, pas de déclaration de revenus liés à la vente. Vous signez en revanche une convention d’autoconsommation sans injection ou avec injection non rémunérée auprès du gestionnaire de réseau. Le RGE n’est alors pas exigé au titre de l’obligation d’achat, mais il reste un repère de sérieux et il conditionne certaines aides locales.

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Injecter sans être rémunéré : ce que cela implique

Renoncer au contrat de vente ne vous dispense pas de gérer le surplus. Deux configurations existent, avec des conséquences techniques différentes.

L’injection gratuite est la solution la plus simple : l’installation fonctionne normalement, le surplus part sur le réseau sans contrepartie financière. Vous perdez quelques dizaines d’euros par an, mais vous économisez la gestion d’un contrat et vous restez libre de faire évoluer votre installation. Votre compteur enregistre toujours ces kilowattheures, ce qui vous permet de suivre le gisement non valorisé et, le cas échéant, de le récupérer plus tard via un ballon d’eau chaude piloté ou une batterie.

Le bridage à zéro injection suppose un capteur de consommation et un onduleur capable de limiter sa puissance en temps réel. Cette configuration est parfois imposée par des contraintes de réseau, ou choisie par des propriétaires qui souhaitent une installation totalement autonome vis-à-vis du gestionnaire. L’inconvénient est clair : dès que votre consommation instantanée est faible, la production est volontairement écrêtée, et le taux d’utilisation de vos panneaux chute. Sur une année, l’énergie perdue peut être significative.

Entre les deux, une troisième voie consiste à consommer davantage plutôt qu’à bloquer la production : routeur solaire vers le chauffe-eau, programmation du lave-linge et du lave-vaisselle en milieu de journée, recharge de véhicule électrique en heures solaires, ou batterie de stockage. Attention toutefois : une batterie coûte entre 4 000 et 9 000 € selon la capacité, reste soumise à la TVA de 20 %, et sa rentabilité dépend fortement du volume réellement déstocké chaque jour. Faites le calcul sur devis avant de l’ajouter par principe.

Le dimensionnement adapté à chaque choix

À 1,1 c€/kWh, surdimensionner « pour vendre » n’a plus de sens. La logique de dimensionnement devient la même dans les deux cas : coller au plus près de votre consommation diurne. Mais les marges diffèrent.

Critère Vente du surplus Autoconsommation totale
Puissance courante 3 à 9 kWc Plutôt 3 à 6 kWc
Surplus toléré Oui, faiblement valorisé À réduire au maximum
Pilotage des usages Recommandé Indispensable
Contrat 20 ans Oui Non
Qualification RGE QualiPV Obligatoire Recommandée

Côté budget, les prix posés TTC constatés se situent autour de 6 500 à 10 000 € pour 3 kWc, 11 000 à 16 000 € pour 6 kWc et 14 000 à 21 000 € pour 9 kWc. Ces fourchettes larges reflètent la qualité du matériel, la complexité de la toiture et le taux de TVA appliqué.

Car la TVA pèse lourd : depuis le 1er octobre 2025, le taux de 5,5 % s’applique aux installations jusqu’à 9 kWc sur un bâtiment d’habitation, uniquement si les panneaux respectent des critères bas carbone stricts (bilan carbone, teneurs en argent, plomb et cadmium) et si un système de gestion de l’énergie pilote automatiquement au moins deux usages. À défaut, c’est 20 %. Demandez systématiquement à l’installateur de justifier l’éligibilité du matériel proposé. Notez enfin que MaPrimeRénov’ ne finance pas le photovoltaïque ; seules des aides locales peuvent exister, à vérifier auprès de France Rénov’. Notre page installation photovoltaïque détaille le déroulement d’un chantier type.

Comment décider selon son profil de consommation

Le bon critère n’est pas la puissance de vos panneaux, mais la forme de votre courbe de consommation entre 10 h et 17 h, toute l’année.

Vous êtes souvent au domicile en journée

Télétravail, retraite, jeune enfant à la maison, piscine, pompe à chaleur, véhicule électrique rechargé en journée : votre taux d’autoconsommation peut dépasser 50 à 60 % avec un peu de pilotage. L’autoconsommation totale se défend pleinement, et le surplus résiduel sera trop faible pour justifier un contrat de 20 ans. Dimensionnez sur 3 à 6 kWc et investissez plutôt dans le pilotage des usages.

Vous êtes absent la journée en semaine

Votre taux d’autoconsommation « naturel » tourne souvent autour de 25 à 35 %. Deux leviers : programmer les appareils différables et le chauffe-eau en journée, et signer malgré tout le contrat de vente pour récupérer les quelques dizaines d’euros annuels du surplus. Ici, la vente du surplus garde un intérêt, à condition d’accepter la formalité administrative.

Vous habitez une région très ensoleillée

Dans le Sud, la production par kWc est nettement plus élevée (jusqu’à environ 1 590 kWh/kWc/an dans les Bouches-du-Rhône, contre environ 1 040 dans la Meuse). Le surplus d’été est mécaniquement plus important : soit vous le valorisez par des usages décalés, soit vous réduisez légèrement la puissance installée pour améliorer le taux d’autoconsommation.

Quelques précautions avant de signer

Le moyen le plus simple de trancher reste de faire chiffrer votre projet sur la base de votre consommation réelle. Notre formulaire de devis gratuit vous met en relation avec jusqu’à trois installateurs RGE de votre département, qui simuleront votre taux d’autoconsommation et vous diront, chiffres en main, si le contrat de vente vaut la peine dans votre cas.

Questions fréquentes

Peut-on passer de l’autoconsommation totale à la vente du surplus plus tard ?

C’est techniquement possible, mais la demande de contrat d’obligation d’achat s’appuie sur les conditions tarifaires en vigueur au moment du dépôt du dossier de raccordement correspondant : vous ne pourrez pas bénéficier rétroactivement d’anciens tarifs, et une installation posée par une entreprise non RGE QualiPV risque de ne pas être éligible. Mieux vaut décider dès la conception.

Le surplus injecté gratuitement est-il déduit de ma facture d’électricité ?

Non. Sans contrat de vente, l’électricité injectée est cédée au réseau sans contrepartie : elle n’est ni rémunérée, ni stockée à votre crédit, ni déduite de votre consommation. Seule l’électricité consommée au moment même où elle est produite réduit votre facture, ce qui explique l’importance du pilotage des usages.

Faut-il une batterie pour viser l’autoconsommation totale ?

Pas nécessairement. Décaler les usages différables en journée (chauffe-eau, lave-linge, recharge de véhicule) coûte beaucoup moins cher et fait souvent progresser le taux d’autoconsommation de façon comparable. La batterie, entre 4 000 et 9 000 € et toujours taxée à 20 %, ne se justifie que si votre consommation du soir est importante et régulière : demandez une simulation chiffrée avant de l’inclure.

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