Non : à notre connaissance, l’éco-prêt à taux zéro ne finance pas les panneaux photovoltaïques eux-mêmes, car ils ne figurent pas dans la liste des travaux éligibles. En revanche, il peut financer des travaux de rénovation énergétique que vous menez en parallèle, et d’autres solutions existent pour payer l’installation solaire. Voici ce qui est possible, et ce qui ne l’est pas.
Ce que finance l’éco-PTZ
L’éco-PTZ est un prêt sans intérêts pour les particuliers, propriétaires occupants ou bailleurs, qui rénovent un logement afin d’en réduire la consommation d’énergie. Ses principales conditions :
- le logement doit être une résidence principale ;
- il doit être achevé depuis plus de deux ans ;
- les travaux doivent être réalisés par des professionnels RGE ;
- le prêt est accordé par une banque ayant signé une convention avec l’État. La banque reste libre d’accepter ou de refuser votre dossier, comme pour tout crédit.
Les travaux concernés relèvent de la rénovation thermique : isolation de la toiture, des murs ou des fenêtres, remplacement du système de chauffage ou de production d’eau chaude par un équipement utilisant une énergie renouvelable, ou encore une rénovation d’ensemble visant une meilleure performance globale. Les plafonds et les durées de remboursement ont évolué au fil des réformes. Leur niveau précis dépend du nombre de travaux financés et du texte en vigueur au moment de votre demande. Votre banque ou un conseiller France Rénov’ pourra vous les confirmer.
Le photovoltaïque est-il éligible ?
Un équipement qui produit de l’électricité à partir du soleil ne fait pas partie des travaux éligibles. C’est une source de confusion fréquente, parce que le solaire thermique est traité différemment : un chauffe-eau solaire, qui produit de l’eau chaude, entre dans la catégorie des équipements de production de chaleur renouvelable. Les panneaux photovoltaïques, eux, produisent de l’électricité. Les deux technologies n’ont pas le même statut.
Par conséquent, si un vendeur vous affirme que votre installation photovoltaïque sera « payée par l’éco-PTZ », demandez-lui par écrit sur quelle ligne de travaux éligibles ce financement repose. Les règles pouvant évoluer, faites aussi confirmer la liste en vigueur par votre banque avant de signer.
Notez aussi que MaPrimeRénov’ ne finance pas non plus le photovoltaïque. Certaines collectivités proposent toutefois des aides locales, dont France Rénov’ peut vous indiquer l’existence près de chez vous. Le point sur ces dispositifs est dans notre page sur les aides pour les panneaux solaires.
Intégrer le solaire dans un bouquet de travaux
Même si les panneaux ne sont pas finançables par l’éco-PTZ, un projet solaire s’inscrit souvent dans une réflexion plus large sur le logement. Si vous prévoyez des travaux de toiture, d’isolation ou de changement de chauffage, vous pouvez les planifier ensemble :
- Les travaux éligibles (isolation des combles ou de la toiture, système de chauffage renouvelable, etc.) peuvent être financés par l’éco-PTZ.
- L’installation photovoltaïque est financée séparément, sur vos fonds propres ou par un autre crédit.
Cette organisation a un intérêt pratique : intervenir sur la toiture avant de poser des panneaux évite de devoir les déposer plus tard. Vous pouvez aussi demander à l’installateur de tenir compte de l’état de la couverture dans son devis.
Un système de chauffage électrique, comme une pompe à chaleur, augmente par ailleurs votre consommation d’électricité. Cela peut accroître la part d’électricité solaire que vous consommez vous-même. Ce raisonnement pèse davantage que le financement, car c’est l’autoconsommation qui fait la rentabilité d’une installation.
Pourquoi l’autoconsommation compte tant en 2026
L’arrêté tarifaire du 1er juin 2026 a changé la donne. Pour les demandes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026, le surplus est racheté environ 1,1 c€/kWh, dans le cadre d’un contrat EDF OA de 20 ans indexé, et la prime à l’autoconsommation est supprimée. Les projets déposés avant cette date conservent les anciennes conditions.
Un kilowattheure du réseau coûte de l’ordre de 0,20 € TTC. Un kWh que vous consommez vous-même vaut donc environ 18 fois un kWh revendu. Dimensionner l’installation sur vos usages est plus important qu’obtenir un prêt à bon taux.
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Monter le dossier avec sa banque
Puisque l’éco-PTZ ne couvre pas le photovoltaïque, deux dossiers distincts sont souvent nécessaires. Pour la partie rénovation éligible :
- Faites établir des devis par des entreprises RGE pour chaque poste de travaux.
- Remplissez le formulaire de demande avec les informations sur le logement et les travaux, en vous appuyant sur les devis.
- Déposez le dossier auprès d’une banque qui distribue l’éco-PTZ. Elle étudie votre solvabilité, comme pour tout prêt.
- Attendez l’offre de prêt avant de lancer les travaux, sauf indication contraire de la banque. Vérifiez le délai dont vous disposez pour les réaliser.
Pour la partie photovoltaïque, comparez plusieurs devis. Vérifiez que l’installateur est qualifié RGE QualiPV, qualification nécessaire pour bénéficier de l’obligation d’achat. Exigez aussi la garantie décennale. L’installateur doit s’occuper de la déclaration préalable de travaux, de l’avis de l’ABF en secteur protégé, du raccordement Enedis (dans la plupart des communes) et du Consuel. Notre page sur l’installation photovoltaïque détaille ces étapes.
Les prix à avoir en tête
Les prix posés TTC constatés se situent dans ces fourchettes. Le devis fait foi, car l’écart dépend de la toiture, du matériel et de la région :
| Puissance | Prix posé TTC constaté | Production annuelle indicative en Île-de-France (≈ 1 130 kWh/kWc) |
|---|---|---|
| 3 kWc | 6 500 à 10 000 € | ≈ 3 400 kWh |
| 6 kWc | 11 000 à 16 000 € | ≈ 6 800 kWh |
| 9 kWc | 14 000 à 21 000 € | ≈ 10 200 kWh |
La production varie beaucoup selon le territoire : d’après PVGIS, avec une orientation optimale, de l’ordre de 1 040 kWh/kWc/an en Meuse à environ 1 590 en Bouches-du-Rhône. Vous pouvez consulter la production par département. Une batterie, si vous en souhaitez une, ajoute entre 4 000 et 9 000 € selon sa capacité. Notre page sur les batteries solaires aide à juger de son intérêt.
Cumuls avec les autres dispositifs
L’éco-PTZ se cumule avec MaPrimeRénov’ pour les travaux de rénovation éligibles aux deux. Il ne concerne que ces travaux, pas le solaire. Pour la partie photovoltaïque, les leviers sont différents :
- TVA à 5,5 % depuis le 1er octobre 2025, pour les installations jusqu’à 9 kWc sur un bâtiment d’habitation. Deux conditions s’appliquent : des panneaux respectant des critères bas carbone stricts (bilan carbone, teneurs en argent, plomb, cadmium), et un système de gestion de l’énergie qui pilote automatiquement au moins deux usages. Sinon, la TVA est de 20 %. La batterie reste à 20 %.
- Obligation d’achat du surplus : environ 1,1 c€/kWh pour les demandes de raccordement à partir du 5 juin 2026, sans prime à l’autoconsommation.
- Exonération d’impôt sur le revenu sur la vente du surplus pour les installations jusqu’à 3 kWc, sous conditions.
- Aides locales, selon votre collectivité.
Ces critères influent sur le matériel retenu. Un onduleur et un système de pilotage adaptés peuvent être demandés pour la TVA réduite. Pour mieux choisir, consultez nos pages sur les onduleurs et les panneaux solaires. Demandez à chaque installateur de préciser, sur le devis, le taux de TVA appliqué et la justification des critères.
Les alternatives de financement
Si l’éco-PTZ ne convient pas pour le solaire, voici les pistes à comparer :
- L’épargne personnelle : elle évite tout coût de crédit, mais immobilise une somme importante.
- Le prêt à la consommation ou le prêt travaux auprès de votre banque. Comparez le TAEG, la durée et les frais éventuels, et vérifiez si l’assurance est obligatoire.
- Un complément à un prêt immobilier existant, ou un rachat de crédit : à étudier avec votre banquier selon votre situation.
- Un crédit proposé par l’installateur, souvent via un organisme partenaire. Il peut être pratique, mais comparez-le avec l’offre de votre banque.
Avant d’emprunter, comparez la mensualité à votre économie annuelle sur la facture d’électricité. Cette économie dépend de la part que vous autoconsommez. Elle est difficile à promettre sans connaître votre profil de consommation. Un bon devis doit présenter des hypothèses claires, pas un « gain garanti ».
Méfiez-vous des offres « gratuites »
Les propositions d’« installation gratuite » ou « autofinancée » rencontrées lors d’un démarchage appellent la prudence. Une installation a toujours un coût : il est soit payé par vous, soit intégré dans un crédit, parfois sans que ce soit clair. Lisez le contrat et le plan de financement avant de signer. Pour un contrat signé hors établissement, vous disposez d’un délai de rétractation de 14 jours.
Pour comparer des offres concrètes dans votre département, vous pouvez demander un devis gratuit : jusqu’à trois installateurs RGE de votre secteur vous répondent, sans engagement.
Questions fréquentes
Peut-on financer des panneaux solaires photovoltaïques avec l’éco-PTZ ?
À notre connaissance, non : les panneaux photovoltaïques ne font pas partie des travaux éligibles à l’éco-PTZ, qui vise la rénovation énergétique du logement. Les règles pouvant évoluer, faites confirmer la liste en vigueur par votre banque ou par France Rénov’ avant de vous engager.
Un chauffe-eau solaire est-il éligible à l’éco-PTZ ?
Le solaire thermique, qui produit de l’eau chaude, relève des équipements de production de chaleur renouvelable, alors que le photovoltaïque produit de l’électricité. Il peut donc entrer dans le champ de l’éco-PTZ, sous réserve des conditions du moment et d’une installation par un professionnel RGE.
MaPrimeRénov’ peut-elle aider à payer mon installation photovoltaïque ?
Non, MaPrimeRénov’ ne finance pas le photovoltaïque. Les leviers actuels sont la TVA à 5,5 % sous conditions, le rachat du surplus, l’exonération d’impôt pour les installations jusqu’à 3 kWc et d’éventuelles aides locales. Renseignez-vous auprès de France Rénov’ pour votre commune.