Une installation résidentielle fait généralement économiser de quelques centaines d’euros par an, selon sa puissance, votre région et surtout la part de l’électricité que vous consommez vous-même. Chaque kWh autoconsommé vous évite d’acheter un kWh au réseau, soit environ 0,20 € TTC. Chaque kWh injecté et revendu ne rapporte qu’environ 1,1 centime. Voici comment faire le calcul pour votre cas.
Le calcul de base d’un kWh autoconsommé
Un kWh autoconsommé est un kWh produit par vos panneaux et utilisé au même moment dans votre logement. Vous ne l’achetez donc pas à votre fournisseur. L’économie correspond au prix du kWh que vous auriez payé, soit environ 0,20 € TTC (ordre de grandeur). Votre contrat peut s’écarter de cette valeur, selon l’offre ou l’option horaire choisie.
La formule tient en trois lignes :
- Production annuelle = puissance (kWc) × production par kWc de votre région.
- Énergie autoconsommée = production × part que vous consommez directement.
- Économie annuelle = énergie autoconsommée × prix du kWh (≈ 0,20 €), plus la petite recette du surplus.
Le premier chiffre dépend de votre localisation. Avec une orientation optimale, les calculs PVGIS donnent environ 1 040 kWh/kWc/an en Meuse, environ 1 130 en Île-de-France et environ 1 590 dans les Bouches-du-Rhône. Votre toiture réelle (inclinaison, ombres, orientation) peut s’écarter de ces valeurs. Le devis de l’installateur doit comporter sa propre estimation. Pour comparer les départements, consultez notre page sur la production solaire par département.
Le deuxième chiffre, la part autoconsommée, est le plus variable. Il dépend de vos horaires de présence, de votre chauffe-eau, de vos appareils programmables et de la taille de l’installation. Pour approfondir, lisez notre page sur l’autoconsommation.
Exemples pour 3, 6 et 9 kWc
Le tableau ci-dessous repose sur une production de 1 130 kWh/kWc/an (Île-de-France). Les taux d’autoconsommation (40 %, 30 % et 25 %) sont des hypothèses de travail, pas des mesures. Plus l’installation est grande, plus la part consommée sur place tend à baisser, car votre consommation en journée ne grandit pas avec elle. Le surplus est valorisé à 1,1 c€/kWh et le kWh évité à 0,20 €.
| Puissance | Production annuelle | Autoconsommation (hypothèse) | kWh autoconsommés | Économie sur facture | Revente du surplus | Total annuel |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 3 kWc | ≈ 3 390 kWh | 40 % | ≈ 1 360 kWh | ≈ 270 € | ≈ 22 € | ≈ 290 € |
| 6 kWc | ≈ 6 780 kWh | 30 % | ≈ 2 030 kWh | ≈ 410 € | ≈ 52 € | ≈ 460 € |
| 9 kWc | ≈ 10 170 kWh | 25 % | ≈ 2 540 kWh | ≈ 510 € | ≈ 84 € | ≈ 590 € |
Trois enseignements ressortent de ces chiffres.
- Tripler la puissance ne triple pas l’économie. Passer de 3 à 9 kWc multiplie l’économie par deux environ dans cet exemple, car l’énergie supplémentaire part surtout en surplus.
- La région compte. Pour 3 kWc et 40 % d’autoconsommation, l’économie totale passe d’environ 270 € avec la production meusienne à environ 410 € avec la production des Bouches-du-Rhône.
- Le taux d’autoconsommation pèse autant que la région. Pour 3 kWc en Île-de-France, passer de 40 % à 60 % porte le total d’environ 290 € à environ 420 €.
Rapprochez ces montants des prix posés TTC constatés : 6 500 à 10 000 € pour 3 kWc, 11 000 à 16 000 € pour 6 kWc, 14 000 à 21 000 € pour 9 kWc. Dans ces hypothèses, le temps nécessaire pour amortir l’investissement se compte en décennies, et non en quelques années. L’économie annuelle n’est pas un rendement garanti. Votre propre calcul, avec votre devis et votre profil de consommation, reste la seule base fiable.
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Pourquoi le surplus pèse peu en 2026
Selon l’arrêté tarifaire du 1er juin 2026, pour les demandes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026, le surplus est racheté environ 1,1 c€/kWh. Le contrat EDF OA dure 20 ans et son tarif est indexé. Parallèlement, la prime à l’autoconsommation est supprimée pour ces mêmes demandes. Les projets déposés avant cette date conservent les anciennes conditions : si vous êtes dans ce cas, vérifiez-les dans vos documents.
L’écart de valeur est considérable. Un kWh autoconsommé vaut environ 18 fois un kWh revendu. Concrètement, 1 000 kWh de surplus rapportent environ 11 €, contre environ 200 € pour 1 000 kWh consommés sur place. C’est pourquoi, dans le tableau, la revente représente une part minime du total, même pour 9 kWc.
Pour les installations de 3 kWc ou moins, la vente du surplus est exonérée d’impôt sur le revenu, sous conditions. L’avantage est réel mais porte sur quelques dizaines d’euros par an, pas sur l’économie principale.
Ce rapport de 1 à 18 a une conséquence pratique : le bon réflexe consiste à décaler vos usages vers la journée (lave-linge, lave-vaisselle, chauffe-eau programmé) plutôt qu’à viser une production maximale. Une batterie peut aussi augmenter l’autoconsommation, mais elle coûte entre 4 000 et 9 000 € selon sa capacité et reste soumise à une TVA de 20 %. Notre page sur les batteries solaires détaille ce choix.
Hypothèses d’évolution du prix de l’électricité
Personne ne connaît le prix du kWh dans dix ou vingt ans. Plutôt que de parier sur une prévision, raisonnez par scénarios. L’économie sur la part autoconsommée varie proportionnellement au prix du kWh :
- Prix stable à 0,20 € : 1 000 kWh autoconsommés valent 200 €.
- Prix en hausse (par exemple 0,24 €) : les mêmes 1 000 kWh valent 240 €.
- Prix en baisse (par exemple 0,17 €) : ils valent 170 €.
Ces valeurs sont des exemples de calcul, pas des prévisions. Un conseil de prudence : bâtissez votre projet sur un prix stable. Si le prix monte, vous gagnerez davantage ; s’il baisse, votre projet ne doit pas devenir déséquilibré.
Le prix moyen de 0,20 € masque aussi des différences selon votre contrat. Avec une option heures pleines/heures creuses ou un tarif variable selon les jours, le kWh que vous évitez en journée n’a pas forcément la même valeur que la moyenne. Relevez le prix du kWh sur votre propre facture. N’utilisez pas l’abonnement dans le calcul : il reste dû même si vous produisez.
Un dernier point concerne la dépense de départ. La TVA à 5,5 % ne s’applique, depuis le 1er octobre 2025, qu’aux installations jusqu’à 9 kWc sur un bâtiment d’habitation, à deux conditions. D’abord, les panneaux doivent respecter des critères bas carbone stricts (bilan carbone, teneurs en argent, plomb, cadmium). Ensuite, un système de gestion de l’énergie doit piloter automatiquement au moins deux usages. À défaut, le taux est de 20 %, ce qui change nettement le prix posé. Demandez à l’installateur de préciser le taux appliqué et sa justification sur le devis. MaPrimeRénov’ ne finance pas le photovoltaïque, mais certaines collectivités proposent des aides locales : consultez notre page sur les aides ou un conseiller France Rénov’.
Vérifier ses économies sur ses factures
Une fois l’installation en service, vous pouvez contrôler vos économies avec trois sources.
- Le suivi de l’onduleur ou de l’application : il indique la production, et souvent l’énergie injectée. L’autoconsommation vaut la production moins l’injection.
- Les relevés de votre compteur : comparez les kWh achetés au réseau sur une même période, avant et après la pose.
- Vos factures : repérez la ligne de consommation en kWh et multipliez la baisse par votre prix du kWh.
Pour que la comparaison soit honnête, comparez des périodes équivalentes, par exemple la même saison d’une année sur l’autre. Une facture de juillet ne se compare pas à une facture de janvier. Si votre mode de vie a changé (télétravail, nouveau véhicule électrique, pompe à chaleur), la baisse de vos achats sous-estime ou surestime l’effet des panneaux. Les données de production sont alors plus fiables que les factures seules.
Le fonctionnement de l’onduleur influence ce suivi : sa fiabilité conditionne votre production. Vous trouverez les points à connaître sur notre page consacrée aux onduleurs.
Les erreurs de comptage à éviter
- Valoriser toute la production à 0,20 €. Seule la part autoconsommée vaut ce prix. Le reste est revendu à environ 1,1 c€/kWh.
- Confondre économie et recette. Sans prime, avec un surplus à ce prix, l’essentiel du bénéfice vient de la facture évitée, pas de la revente.
- Inclure l’abonnement dans le prix du kWh. Il ne baisse pas avec vos panneaux.
- Oublier la différence HT/TTC. Le prix de 0,20 € est TTC. Comparez des montants de même nature.
- Prendre la production théorique pour acquise. Ombres, orientation et météo réelle écartent le résultat des calculs PVGIS. Demandez la méthode d’estimation utilisée dans le devis.
- Ignorer les coûts annexes. Raccordement Enedis, Consuel, déclaration préalable de travaux, avis ABF en secteur protégé : vérifiez ce qui est inclus dans le prix.
- Croire aux offres « installation gratuite » ou « autofinancée ». Méfiez-vous de ce type de démarchage. Pour un contrat signé hors établissement, vous disposez de 14 jours de rétractation.
- Négliger les garanties. Vérifiez la qualification RGE QualiPV, nécessaire pour l’obligation d’achat, et la garantie décennale de l’entreprise.
Pour chiffrer votre projet à partir de votre toiture et de vos factures, demandez vos devis gratuitement : jeveuxdusolaire.fr vous met en relation avec jusqu’à 3 installateurs RGE de votre département. Vous pouvez ainsi comparer les puissances proposées, la production estimée, le taux de TVA appliqué et le prix posé, avant de décider.
Questions fréquentes
Combien de kWh faut-il autoconsommer pour que l’installation soit utile ?
Il n’existe pas de seuil unique : l’intérêt dépend du prix posé, de votre région et de votre consommation en journée. Plus la part autoconsommée est élevée, plus l’économie augmente, car chaque kWh évité vaut environ 0,20 € contre environ 1,1 centime pour un kWh revendu.
La revente du surplus peut-elle suffire à rentabiliser l’installation ?
Non, ce n’est pas réaliste en 2026. Pour les demandes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026, le surplus est racheté environ 1,1 c€/kWh et la prime à l’autoconsommation est supprimée. La revente reste un complément modeste, loin derrière la facture évitée.
Une batterie augmente-t-elle forcément mes économies annuelles ?
Elle augmente la part autoconsommée, donc l’économie sur la facture, mais elle coûte entre 4 000 et 9 000 € et reste soumise à une TVA de 20 %. Le gain annuel supplémentaire dépend de votre profil de consommation ; demandez à l’installateur de le chiffrer dans le devis.