Payer comptant reste la solution la plus rentable, car vous ne payez ni intérêts ni frais de dossier. Le crédit reste pourtant légitime si votre épargne est limitée ou si vous voulez la conserver, à condition d’en mesurer le surcoût. Avec la baisse du rachat du surplus pour les nouveaux dossiers, la mensualité dépasse souvent l’économie réalisée sur la facture : il faut donc compter avant de signer.
Payer comptant : l’option la plus rentable
Avec un paiement comptant, le prix du devis est le seul coût de l’installation. Tout l’argent que vous économisez ensuite sur votre facture sert à amortir cette somme, et non à rembourser une banque.
Voici ce que l’on constate aujourd’hui en prix posés TTC :
- 3 kWc : 6 500 à 10 000 € ;
- 6 kWc : 11 000 à 16 000 € ;
- 9 kWc : 14 000 à 21 000 €.
Une batterie ajoute 4 000 à 9 000 € selon sa capacité, avec une TVA qui reste à 20 %. Les panneaux eux-mêmes peuvent bénéficier d’une TVA à 5,5 % jusqu’à 9 kWc sur un logement. Deux conditions s’appliquent : des panneaux respectant des critères bas carbone stricts, et un système de gestion de l’énergie qui pilote automatiquement au moins deux usages. Sinon, la TVA est de 20 %. Demandez à l’installateur de préciser sur le devis le taux retenu et la raison.
Le paiement comptant a toutefois un coût caché : l’épargne mobilisée ne vous rapporte plus d’intérêts et ne reste plus disponible en cas d’imprévu. Gardez donc une réserve de précaution et ne vous séparez que de ce que vous pouvez immobiliser durablement.
Ce que l’installation rapporte réellement
Pour les demandes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026, le surplus est racheté environ 1,1 c€/kWh dans le cadre d’un contrat EDF OA de 20 ans, indexé. La prime à l’autoconsommation est supprimée pour ces projets. Les dossiers déposés avant cette date conservent les anciennes conditions.
Un kWh que vous consommez vous-même évite d’acheter de l’électricité à environ 0,20 € TTC. Il vaut donc environ 18 fois un kWh revendu. La rentabilité repose ainsi presque entièrement sur la part de production que vous consommez, comme l’explique notre page sur l’autoconsommation.
Crédit affecté : taux, durée, coût total
Le crédit affecté est lié au contrat de vente de l’installation. L’installateur ou son partenaire financier vous le propose souvent directement. Son principal avantage : si le contrat de vente est annulé, le crédit l’est aussi. Son principal inconvénient : l’offre vient souvent « clé en main », sans mise en concurrence.
Trois éléments déterminent son coût :
- le taux : demandez le TAEG (taux annuel effectif global), qui inclut les frais obligatoires, plutôt que le seul taux nominal ;
- la durée : plus elle est longue, plus la mensualité baisse, mais plus le coût total augmente ;
- le montant financé : financer 100 % du devis coûte plus cher que financer une partie, en apportant un acompte.
Le crédit à la consommation ouvre un délai de rétractation de 14 jours. Le contrat de vente signé hors établissement, par exemple à votre domicile, bénéficie lui aussi de 14 jours. Lisez l’offre de prêt en détail, y compris les conditions de déblocage des fonds et l’éventuelle assurance emprunteur.
Prêts bancaires verts et éco-prêt
Votre banque peut proposer un prêt travaux ou un « prêt vert » pour financer des équipements énergétiques. Ce type de prêt n’est pas affecté au contrat de vente : vous recevez les fonds et réglez l’installateur vous-même. Les conditions, notamment le taux, varient d’un établissement à l’autre et selon votre profil. Comparez au moins deux offres, la vôtre et celle de l’installateur.
L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) est un prêt sans intérêts destiné à la rénovation énergétique. Il ne finance en principe pas une installation photovoltaïque seule : faites-le confirmer par votre banque avant de bâtir un plan de financement dessus. De même, MaPrimeRénov’ ne finance pas le photovoltaïque. Certaines collectivités proposent des aides locales, que notre page sur les aides détaille, et que votre espace France Rénov’ peut vous aider à repérer.
Location et offres sans avance de trésorerie
Certaines offres remplacent l’achat par un loyer mensuel, parfois avec une option d’achat à la fin. Elles évitent l’apport initial, mais elles méritent d’être lues avec attention. Avant de vous engager, vérifiez au minimum ces points :
- qui est propriétaire de l’installation pendant le contrat, et qui l’est à la fin ;
- qui assure et entretient l’installation, et qui remplace l’onduleur en cas de panne ;
- à qui profitent l’électricité autoconsommée et la vente du surplus ;
- ce qui se passe si vous vendez le logement avant la fin du contrat ;
- le montant total des loyers sur toute la durée, comparé au prix d’achat comptant.
Comme pour un crédit, le coût total est la seule base de comparaison honnête : additionnez tous les loyers et frais, puis comparez avec le prix comptant du même matériel.
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Calculer le surcoût du financement
Voici un exemple chiffré, à titre d’illustration. Les taux ci-dessous sont des hypothèses de calcul, pas des offres : votre taux réel dépendra de l’organisme et de votre situation. Prenons une installation de 6 kWc à 13 000 € TTC, financée à 100 % sur 10 ans.
| Taux hypothétique | Mensualité approximative | Coût total | Surcoût |
|---|---|---|---|
| 3 % | environ 126 € | environ 15 060 € | environ 2 060 € |
| 5 % | environ 138 € | environ 16 550 € | environ 3 550 € |
| 7 % | environ 151 € | environ 18 110 € | environ 5 110 € |
Comparons maintenant avec ce que l’installation produit. Avec la production de 1 130 kWh/kWc/an constatée en Île-de-France, 6 kWc donnent environ 6 800 kWh par an. Dans les Bouches-du-Rhône (environ 1 590 kWh/kWc/an), on approche 9 500 kWh. Dans la Meuse (environ 1 040 kWh/kWc/an), on s’en tient à environ 6 200 kWh. Vous pouvez consulter la production de votre département sur notre page panneaux solaires en France.
Gardons le cas francilien, avec deux hypothèses d’autoconsommation, sans augmentation future du prix de l’électricité et pour un dossier déposé après le 5 juin 2026 :
- 40 % autoconsommés : environ 2 700 kWh × 0,20 € = 540 €, plus environ 45 € de surplus vendu, soit environ 590 € par an ;
- 70 % autoconsommés : environ 4 750 kWh × 0,20 € = 950 €, plus environ 22 € de surplus, soit environ 970 € par an.
Ces gains correspondent à un temps de retour d’environ 13 à 22 ans en paiement comptant, avant entretien et remplacement éventuel de l’onduleur. Avec un crédit à 5 % sur 10 ans, la mensualité (environ 1 650 € par an) dépasse l’économie annuelle dans les deux cas. Vous devrez donc compléter chaque mois de votre poche pendant la durée du prêt. Ce n’est pas rédhibitoire, mais il faut le savoir.
Ces chiffres montrent aussi l’intérêt de dimensionner l’installation selon votre consommation réelle, et non selon la taille maximale de votre toiture. Une batterie, quant à elle, augmente la part autoconsommée mais ajoute 4 000 à 9 000 € au montant à rembourser : étudiez-la sur devis, en lisant d’abord notre page sur les batteries.
Les pièges des mensualités dites autofinancées
Le démarchage « installation gratuite » ou « autofinancée » repose sur un argument simple : la mensualité serait compensée par les économies sur votre facture. Votre calcul ci-dessus montre pourquoi cette promesse est à vérifier. Voici les points de vigilance :
- Des économies surestimées. La production annoncée et la part autoconsommée peuvent être optimistes. Demandez les hypothèses écrites (orientation, inclinaison, ombrages, consommation) et confrontez-les à vos factures.
- Des aides ou un rachat périmés. Vérifiez que le devis tient compte des conditions applicables à la date de dépôt de votre demande de raccordement, notamment la suppression de la prime à l’autoconsommation après le 5 juin 2026.
- Un prix gonflé. Quand le financement est intégré, le prix de l’installation peut grimper. Demandez toujours un prix comptant et un prix financé, puis comparez.
- Une durée très longue. Une mensualité basse peut cacher une durée de remboursement élevée et un coût total important.
- La pression à signer. Un contrat signé hors établissement ouvre 14 jours de rétractation : utilisez ce délai, ne signez jamais le jour même sous la pression.
Avant de vous engager, vérifiez que l’installateur détient la qualification RGE QualiPV, nécessaire pour bénéficier de l’obligation d’achat, et qu’il fournit une garantie décennale. Le devis doit aussi mentionner la déclaration préalable de travaux, l’avis de l’ABF en secteur protégé, le raccordement Enedis (dans la plupart des communes) et le Consuel. Pour un tour d’horizon complet, consultez notre page sur l’installation photovoltaïque.
Le plus simple pour comparer reste de demander plusieurs devis chiffrés, avec prix comptant et prix financé. Via notre formulaire de devis gratuit, vous êtes mis en relation avec jusqu’à 3 installateurs RGE de votre département, sans engagement.
Questions fréquentes
Peut-on financer des panneaux solaires avec MaPrimeRénov’ ?
Non, MaPrimeRénov’ ne finance pas le photovoltaïque. Certaines collectivités proposent des aides locales, que vous pouvez découvrir auprès de France Rénov’ ou de votre mairie, et leur montant varie selon les territoires.
Le crédit est-il rentable pour une installation solaire ?
Le crédit ne rend pas l’installation plus rentable : il ajoute des intérêts au prix du devis. Il peut toutefois se justifier si vous préférez garder votre épargne, à condition de connaître le coût total et de comparer plusieurs offres.
Une installation solaire « autofinancée » existe-t-elle vraiment ?
Elle n’est possible que si les économies sur la facture couvrent la mensualité, ce qui dépend de votre consommation, de la production et de la durée du prêt. Méfiez-vous des promesses d’installation « gratuite » et exigez un calcul détaillé et écrit.