Avant de payer le solde d’un chantier photovoltaïque, vérifiez quatre points : les documents remis, l’état de l’installation, le bon fonctionnement du suivi de production et la rédaction d’un procès-verbal de réception, avec les réserves éventuelles. Cette réception est votre principal moyen d’obtenir que tout soit conforme au devis. Voici la check-list à suivre, dans l’ordre.
Les documents à récupérer impérativement
Ne vous contentez pas d’une visite de l’installation : demandez le dossier complet le jour de la réception, ou au plus tard avant tout paiement. Un installateur sérieux le prépare à l’avance.
| Document | À quoi il sert | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|---|
| Attestation de conformité Consuel (visa) | Prouve la conformité électrique. Elle est nécessaire à la mise en service par le gestionnaire de réseau. | Votre nom, votre adresse, la puissance installée |
| Attestation de garantie décennale | Couvre les dommages graves sur l’ouvrage. Elle est obligatoire. | Période de validité, activité photovoltaïque couverte, nom de l’entreprise |
| Preuve de la qualification RGE QualiPV | Nécessaire pour bénéficier de l’obligation d’achat du surplus. | Qualification valable à la date du chantier |
| Déclaration préalable et décision de non-opposition | Justifie l’autorisation d’urbanisme. | Correspondance avec ce qui est posé. En secteur protégé, l’avis de l’ABF figure au dossier. |
| Dossier de raccordement Enedis et, si vous revendez le surplus, contrat d’achat | Détermine les conditions de raccordement et de revente. | Date de dépôt de la demande de raccordement (voir plus bas) |
| Fiches techniques et garanties du matériel | Panneaux, onduleur, fixations, batterie éventuelle. | Marques et modèles identiques au devis, numéros de série relevés |
| Schéma électrique et plan d’implantation | Utiles pour tout dépannage ou intervention future. | Nombre de panneaux conforme au devis |
| Facture détaillée | Base du paiement et justificatif de l’installation. | Conformité au devis, taux de TVA appliqué |
Un point sur la TVA. Le taux de 5,5 % s’applique depuis le 1er octobre 2025 aux installations jusqu’à 9 kWc sur un bâtiment d’habitation, à deux conditions. Les panneaux doivent respecter des critères bas carbone stricts (bilan carbone, teneurs en argent, plomb, cadmium). Un système de gestion de l’énergie doit aussi piloter automatiquement au moins deux usages. Si votre facture affiche 5,5 %, demandez les justificatifs de ces deux points. Si l’une des conditions n’est pas remplie, le taux est de 20 %. La batterie, elle, reste à 20 %.
Vérifications visuelles en toiture et au sol
Ne montez pas sur le toit. Vous pouvez contrôler beaucoup de choses depuis le sol, avec des jumelles ou un zoom de smartphone. Demandez aussi à l’installateur des photos horodatées de la pose et des passages de câbles, qui seront masqués une fois le chantier terminé.
En toiture
- Nombre de panneaux et puissance : comparez avec le devis (par exemple, un nombre de panneaux multiplié par la puissance unitaire donne la puissance crête annoncée).
- Alignement et fixation : les panneaux sont d’aplomb, régulièrement espacés, sans jeu apparent.
- Couverture : pas de tuiles ou d’ardoises cassées, déplacées ou mal remises autour de l’installation.
- Passages de câbles : les traversées de toiture paraissent propres et étanches.
- Câblage visible : les câbles sont fixés et ne pendent pas.
- Ombres : aucun obstacle proche (cheminée, antenne, arbre) ne projette d’ombre sur les panneaux aux heures ensoleillées.
- Implantation : elle correspond au plan validé. En secteur protégé, elle doit respecter les prescriptions de l’ABF.
Au sol et à l’intérieur
- Onduleur : bien fixé, accessible, dans un local suffisamment ventilé, avec un modèle conforme au devis. Pour comprendre son rôle, consultez notre page sur les onduleurs.
- Coffrets et protections : le tableau électrique est propre, les protections sont étiquetées, la signalisation obligatoire est présente.
- Câbles : cheminement rangé, fixé, sans épissures visibles ni gaines abîmées.
- Batterie (si prévue) : modèle, capacité et emplacement conformes au devis. Voir aussi notre page sur les batteries.
- Système de gestion de l’énergie (si TVA à 5,5 %) : demandez une démonstration des usages qu’il pilote.
- Propreté du chantier : déchets évacués, emballages repris, tuiles de rechange éventuelles laissées.
Ne touchez pas aux câbles ni aux connecteurs. Les panneaux produisent du courant dès qu’ils reçoivent de la lumière, même installation éteinte.
Contrôler le monitoring et les premières valeurs
Le suivi de production est l’outil qui vous permettra de détecter une anomalie dans les mois qui viennent. Vérifiez-le avant de payer :
- Accès : l’application ou le portail est installé sur votre téléphone, avec un compte à votre nom, dont vous détenez les identifiants et le mot de passe.
- Connexion : l’onduleur est relié à votre box ou à votre réseau, et les données remontent bien.
- Puissance instantanée : elle est affichée et évolue avec l’ensoleillement. Elle reste normalement inférieure à la puissance crête, qui correspond à des conditions de test.
- Cohérence : la production totale augmente d’un jour à l’autre, sans alarme ni message d’erreur.
- Autoconsommation : si un capteur de consommation est prévu, vérifiez que production et consommation s’affichent séparément.
Une installation peut être terminée sans être encore mise en service par le gestionnaire de réseau, car celle-ci intervient après le Consuel et le raccordement. Dans ce cas, l’injection peut être impossible ou limitée, et les premières valeurs peu représentatives. Demandez à l’installateur où en sont les démarches et à quelle échéance la mise en service est attendue. Il ne peut pas vous donner de date ferme, qui dépend du gestionnaire de réseau.
Pour vérifier à moyen terme que la production est plausible, comparez-la à l’estimation du devis. À titre de repère, voici la production annuelle théorique d’une installation en orientation optimale, calculée à partir des valeurs PVGIS (environ 1 040 kWh/kWc/an en Meuse, 1 130 en Île-de-France, 1 590 dans les Bouches-du-Rhône).
| Puissance | Meuse | Île-de-France | Bouches-du-Rhône |
|---|---|---|---|
| 3 kWc | ≈ 3 120 kWh/an | ≈ 3 390 kWh/an | ≈ 4 770 kWh/an |
| 6 kWc | ≈ 6 240 kWh/an | ≈ 6 780 kWh/an | ≈ 9 540 kWh/an |
| 9 kWc | ≈ 9 360 kWh/an | ≈ 10 170 kWh/an | ≈ 14 310 kWh/an |
Ces chiffres sont des ordres de grandeur. Votre orientation, votre inclinaison, les ombrages et la météo de l’année les feront varier. Ne jugez pas sur une seule journée : un écart important et durable avec l’estimation du devis mérite une explication écrite de l’installateur. Pour comparer avec votre département, consultez la production par département. Pour comprendre ce que vous consommez vous-même, voyez notre page sur l’autoconsommation.
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Réserves et procès-verbal de réception
La réception est l’acte par lequel vous acceptez les travaux, avec ou sans réserves. Elle doit être écrite, datée et signée par vous et par l’installateur. Une réception « orale » ne protège personne.
Si vous constatez un défaut, ne le gardez pas pour vous : inscrivez-le dans le procès-verbal. Une bonne réserve est précise, située et illustrée :
- « Deux tuiles fendues, versant sud, à gauche de la rangée basse » plutôt que « toiture abîmée ».
- « Câble DC non fixé sur 1,5 m le long de la façade » plutôt que « câblage à reprendre ».
- « Application non configurée à mon nom » plutôt que « monitoring à revoir ».
Pour chaque réserve, convenez d’un délai de levée et ajoutez des photos en annexe. Ne signez jamais un procès-verbal vierge, ni un document que vous n’avez pas pu lire.
Si un défaut apparaît après la réception, la garantie de parfait achèvement joue pendant un an à compter de la réception : signalez le problème par lettre recommandée avec accusé de réception. Au-delà, la garantie décennale couvre les dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou le rendent impropre à son usage.
Paiement du solde : à quel moment
Le solde se règle selon l’échéancier de votre contrat, mais vous avez intérêt à le conditionner à des éléments concrets. Avant de payer, assurez-vous que :
- le procès-verbal de réception est signé par les deux parties ;
- les réserves sont levées ou, à défaut, qu’un engagement écrit de levée est joint ;
- l’attestation Consuel est remise ou, au minimum, que son dépôt est justifié ;
- le dossier de documents du premier tableau est complet ;
- la facture finale correspond au devis (matériel, puissance, taux de TVA).
Si des réserves restent ouvertes, vous pouvez demander à retenir une partie du solde jusqu’à leur levée. La loi plafonne à 5 % du prix la retenue de garantie lorsqu’elle est prévue au contrat : relisez le vôtre pour savoir ce qu’il autorise.
Si votre installation est financée par un crédit affecté, soyez attentif : signer l’attestation de fin de travaux déclenche en général le déblocage des fonds auprès de l’installateur. Signez-la seulement quand vous êtes satisfait. Le délai de rétractation de 14 jours, applicable aux contrats signés hors établissement, est lui déjà écoulé : c’est désormais la réception qui vous protège.
Méfiez-vous enfin de toute pression pour payer avant la fin des travaux, ou de promesses d’« installation gratuite » ou « autofinancée ». Une installation a un coût, que vous retrouvez dans le devis. Pour vérifier les ordres de grandeur, les prix posés TTC constatés sont de 6 500 à 10 000 € pour 3 kWc, de 11 000 à 16 000 € pour 6 kWc et de 14 000 à 21 000 € pour 9 kWc, hors batterie (de 4 000 à 9 000 € selon la capacité).
Les relevés à conserver pour la suite
Constituez un dossier, papier et numérique, dès le jour de la réception. Il vous servira pour le suivi, les garanties, les démarches fiscales et une éventuelle revente du logement.
- Photos de l’installation terminée, de l’onduleur, des coffrets et des étiquettes, ainsi que celles de la pose fournies par l’installateur.
- Numéros de série des panneaux, de l’onduleur et de la batterie.
- Index du compteur le jour de la mise en service, pour l’injection comme pour la consommation.
- Relevés de production à J+1, à un mois, puis tous les trimestres, avec une capture d’écran ou un export du monitoring.
- Vos factures d’électricité d’avant et d’après, pour mesurer l’effet réel sur votre consommation depuis le réseau.
- La date de dépôt de la demande de raccordement, car elle fixe les conditions de revente. Si elle est le 5 juin 2026 ou postérieure, le surplus est racheté environ 1,1 c€/kWh (contrat EDF OA de 20 ans, indexé) et la prime à l’autoconsommation est supprimée. Les projets déposés avant conservent les anciennes conditions.
- Le contrat d’achat et les justificatifs de TVA.
Avec un kWh du réseau autour de 0,20 € TTC, un kWh autoconsommé vaut environ 18 fois un kWh revendu : suivez donc le ratio entre ce que vous consommez et ce que vous injectez. Pour une installation de 3 kWc ou moins, la vente du surplus peut être exonérée d’impôt sur le revenu, sous conditions : gardez vos relevés. Côté aides, MaPrimeRénov’ ne finance pas le photovoltaïque, mais certaines collectivités proposent des aides locales, présentées sur notre page sur les aides.
Si vous avez un second projet (extension, batterie) ou si vous souhaitez comparer un autre devis, demandez jusqu’à 3 devis gratuits d’installateurs RGE de votre département. Pour revoir les étapes d’un chantier, consultez notre page sur l’installation photovoltaïque.
Questions fréquentes
Puis-je refuser la réception si le Consuel n’est pas encore obtenu ?
Vous pouvez la reporter ou la prononcer avec une réserve écrite précisant que l’attestation Consuel doit vous être remise, car sans elle la mise en service par le gestionnaire de réseau n’est pas possible ; le plus prudent est de conserver une partie du solde jusqu’à sa remise.
Combien de temps après la réception l’installation est-elle mise en service ?
Le délai dépend du Consuel puis du gestionnaire de réseau, et varie selon les secteurs ; demandez à votre installateur où en est chaque démarche et exigez que les échéances prévues figurent par écrit.
Que faire si un défaut apparaît après la signature du procès-verbal ?
Signalez-le rapidement à l’installateur par lettre recommandée avec accusé de réception, en joignant photos et relevés : la garantie de parfait achèvement court un an après la réception, et la garantie décennale peut ensuite couvrir les dommages graves.